Peut-on améliorer la survie des patients atteints de syndromes myélodysplasiques avancés grâce à une nouvelle combinaison de traitements ?
Les syndromes myélodysplasiques (SMD) et les leucémies aiguës secondaires (LAS) sont des maladies graves du sang qui touchent principalement les personnes âgées. Pour les patients atteints de formes avancées de ces maladies, la greffe de cellules souches hématopoïétiques (allo-HSCT) reste le seul traitement potentiellement curatif. Cependant, la rechute après la greffe est un problème majeur, souvent lié à un mauvais pronostic. Une étude récente menée en Chine explore une nouvelle combinaison de médicaments dans le cadre du traitement préparatoire à la greffe, avec des résultats prometteurs.
Une nouvelle approche pour réduire les rechutes
L’étude s’est concentrée sur une combinaison innovante de médicaments incluant la décitabine (DEC) et l’idarubicine (IDA), ajoutés à un protocole de traitement préparatoire (conditioning regimen) classique comprenant du busulfan (Bu), du cyclophosphamide (Cy) et de la fludarabine (Flu). L’objectif était de réduire le taux de rechute après la greffe, un défi majeur pour les patients atteints de SMD avancés ou de LAS.
Qui étaient les participants ?
L’étude a inclus 121 patients âgés de 15 à 65 ans, atteints de SMD de risque intermédiaire ou élevé, de leucémie myélomonocytaire chronique (LMMC) ou de LAS. La majorité des patients (83,3 %) souffraient de SMD, et plus de la moitié avaient une maladie active au moment de la greffe, ce qui signifie que leur état était difficile à contrôler avec les traitements standards.
Le protocole de traitement
Le traitement préparatoire à la greffe comprenait :
- Décitabine (20 mg/m² par jour, jours –9 à –5)
- Busulfan (3,2 mg/kg par jour, jours –9 à –7)
- Fludarabine (30 mg/m² par jour, jours –6 à –4)
- Idarubicine (12 mg/m² par jour, jours –6 à –4)
- Cyclophosphamide (40 mg/kg par jour, jours –3 à –2)
Les patients recevant des greffes de donneurs non apparentés ou partiellement compatibles ont également reçu de l’antithymocyte globuline (ATG) pour prévenir le rejet de la greffe.
Les résultats clés
Engraftment (prise de greffe) et effets secondaires
La majorité des patients (99,2 %) ont vu leur nombre de neutrophiles (un type de globules blancs) revenir à la normale en moyenne 13 jours après la greffe. La récupération des plaquettes a été observée chez 96,7 % des patients, avec une médiane de 16 jours. Les effets secondaires les plus fréquents étaient des mucosites (inflammation de la bouche), mais aucun décès n’a été enregistré avant la greffe.
Survie et rechute
Après un suivi médian de 986 jours, les taux de survie globale (OS) et de survie sans rechute (RFS) à 3 ans étaient respectivement de 70,5 % et 67,5 %. Le taux de rechute à 3 ans était de 10 %, un résultat encourageant par rapport aux études précédentes. La mortalité non liée à la rechute (NRM) était de 22,5 %, principalement due à des complications comme la maladie du greffon contre l’hôte (GVHD) et des infections.
L’impact des mutations génétiques
L’étude a également examiné l’influence des mutations génétiques sur les résultats. Contrairement à ce qui est souvent observé, les patients avec plusieurs mutations génétiques (comme ASXL1, RUNX1, TP53 et TET2) ont eu des résultats similaires à ceux avec moins de mutations, suggérant que le nouveau protocole pourrait atténuer l’impact négatif de ces mutations.
Comparaison avec les traitements antérieurs
Les résultats ont été comparés à ceux d’un groupe historique de patients traités avec un protocole similaire sans DEC et IDA. Malgré un nombre plus élevé de patients avec une maladie active et des donneurs alternatifs dans le groupe DEC/IDA, les résultats étaient meilleurs, en particulier pour les patients atteints de SMD avec excès de blastes (SMD-EB) ou de LAS.
Implications cliniques
Cette étude suggère que l’ajout de DEC et IDA au traitement préparatoire à la greffe pourrait améliorer les résultats pour les patients atteints de SMD avancés ou de LAS. La combinaison de ces médicaments semble réduire le risque de rechute et améliorer la survie, même chez les patients avec des mutations génétiques défavorables.
Cependant, il est important de noter que cette étude n’était pas randomisée et que les résultats doivent être confirmés par des essais plus larges.
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doi.org/10.1097/CM9.0000000000002963