Le sarcome stromal de l’endomètre de bas grade : quels traitements pour améliorer la survie ?
Le sarcome stromal de l’endomètre de bas grade (LGESS) est une forme rare de cancer de l’utérus. Bien que la chirurgie soit le traitement principal, les médecins se demandent encore si certaines interventions, comme la conservation des ovaires ou l’ablation des ganglions lymphatiques, peuvent influencer les chances de survie. Une étude récente a exploré ces questions en utilisant des données de la base SEER (Surveillance, Epidemiology, and End Results). Quels sont les résultats ?
Qu’est-ce que le LGESS ?
Le LGESS est un type de cancer de l’utérus qui représente environ 38 % des sarcomes utérins. Il se développe à partir des cellules du stroma (tissu de soutien) de l’endomètre (la paroi interne de l’utérus). Ce cancer est souvent lent à progresser, mais il peut revenir après le traitement. La chirurgie, qui consiste à enlever l’utérus (hystérectomie), est le traitement de base. Cependant, les médecins ne sont pas toujours d’accord sur d’autres aspects du traitement, comme la nécessité d’enlever les ovaires ou les ganglions lymphatiques, ou l’utilité de la radiothérapie après la chirurgie.
Les questions clés de l’étude
L’étude a examiné trois aspects du traitement du LGESS :
- La conservation des ovaires : Faut-il enlever les ovaires ou les laisser en place, surtout chez les femmes jeunes ?
- L’ablation des ganglions lymphatiques (lymphadénectomie) : Cette intervention améliore-t-elle la survie ?
- La radiothérapie postopératoire : Réduit-elle le risque de récidive ou améliore-t-elle la survie ?
Les chercheurs ont utilisé des données de la base SEER, qui recueille des informations sur les cas de cancer aux États-Unis. Ils ont analysé les dossiers de 517 patientes atteintes de LGESS traitées par chirurgie entre 1973 et 2015.
Qui étaient les patientes ?
L’âge moyen des patientes au moment du diagnostic était de 49,2 ans. La majorité (63,2 %) avaient moins de 50 ans. La plupart étaient des femmes blanches (74,7 %), suivies par des femmes noires (12,0 %) et d’autres ethnies (13,4 %). Environ 77 % des patientes avaient un cancer de stade I (limité à l’utérus), tandis que 13 % avaient un stade II, 6 % un stade III et 4 % un stade IV (cancer avancé).
Les traitements utilisés
Parmi les patientes :
- 17,8 % ont conservé leurs ovaires.
- 35,6 % ont subi une ablation des ganglions lymphatiques.
- 13,9 % ont reçu une radiothérapie après la chirurgie.
Les résultats de survie
Les chercheurs ont comparé les taux de survie à 5 ans entre les groupes de traitement. Voici ce qu’ils ont trouvé :
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Ablation des ganglions lymphatiques :
- Survie globale (OS) : 94,7 % avec lymphadénectomie vs 93,5 % sans.
- Survie spécifique au cancer (CSS) : 96,0 % vs 96,8 %.
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Conservation des ovaires :
- Survie globale : 92,4 % avec conservation vs 100 % sans.
- Survie spécifique : 95,0 % vs 100 %.
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Radiothérapie postopératoire :
- Survie globale : 90,9 % avec radiothérapie vs 95,2 % sans.
- Survie spécifique : 92,3 % vs 95,2 %.
Ces résultats suggèrent que ni l’ablation des ganglions lymphatiques ni la radiothérapie postopératoire n’améliorent significativement la survie. La conservation des ovaires n’a pas non plus eu d’impact négatif sur la survie des patientes au stade I.
Pourquoi ces résultats sont-ils importants ?
- Ablation des ganglions lymphatiques : Bien que cette intervention ne semble pas améliorer la survie, elle peut aider à déterminer le stade exact du cancer, ce qui peut influencer les décisions de traitement supplémentaire.
- Conservation des ovaires : Les ovaires peuvent être conservés chez certaines patientes, en particulier celles qui souhaitent préserver leur fonction hormonale ou leur fertilité.
- Radiothérapie postopératoire : Son utilisation doit être soigneusement évaluée, car elle ne semble pas améliorer la survie et peut entraîner des effets secondaires.
Les limites de l’étude
L’étude présente certaines limites. Par exemple, elle ne fournit pas d’informations sur les récidives du cancer. De plus, toutes les patientes n’ont pas subi d’ablation des ganglions lymphatiques, ce qui peut influencer les résultats. Enfin, le LGESS étant rare, des études plus vastes sont nécessaires pour confirmer ces conclusions.
Conclusion
Pour les patientes atteintes de LGESS au stade précoce, l’hystérectomie reste le traitement principal. L’ablation des ganglions lymphatiques et la radiothérapie postopératoire ne semblent pas améliorer la survie. La conservation des ovaires peut être envisagée chez certaines patientes. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour affiner les stratégies de traitement et améliorer les résultats pour cette maladie rare.
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doi.org/10.1097/CM9.0000000000000259