Diabète et reins : comment protéger votre santé rénale ?
Vivre avec le diabète est déjà un défi, mais saviez-vous que cette maladie peut aussi affecter vos reins ? En Chine, l’augmentation rapide des cas de diabète a entraîné une hausse des problèmes rénaux liés à cette maladie. Pour mieux comprendre et gérer cette situation, des experts chinois ont publié un guide complet sur la maladie rénale diabétique (MRD). Voici ce que vous devez savoir pour protéger vos reins.
Quels sont les facteurs de risque de la maladie rénale diabétique ?
La MRD se développe et progresse à cause d’une combinaison de facteurs génétiques, environnementaux et liés au mode de vie. Les principaux facteurs modifiables incluent un taux de sucre élevé dans le sang (hyperglycémie), une pression artérielle élevée (hypertension), un taux de cholestérol anormal (dyslipidémie) et l’obésité. Ces éléments jouent un rôle clé dans l’apparition et l’aggravation de la MRD. D’autres signes importants sont la présence de protéines dans les urines (protéinurie) et une baisse de la fonction rénale (mesurée par le débit de filtration glomérulaire ou DFG). Enfin, une alimentation déséquilibrée et un mode de vie sédentaire contribuent aussi à la progression de la maladie.
Comment diagnostiquer la maladie rénale diabétique ?
Le diagnostic de la MRD est généralement posé chez les personnes atteintes de diabète de type 1 ou de type 2 qui présentent une quantité modérée ou importante de protéines dans les urines (rapport albumine/créatinine urinaire [RACU] entre 30 et 300 mg/g ou supérieur à 300 mg/g), ou une baisse du DFG (inférieur à 60 mL/min/1,73 m²). La présence d’une rétinopathie diabétique (une complication oculaire du diabète) et l’exclusion d’autres causes de maladie rénale chronique (MRC) sont également nécessaires. Une biopsie rénale est recommandée en cas de sang dans les urines, d’œdème soudain, d’une quantité importante de protéines dans les urines ou d’une détérioration rapide de la fonction rénale, surtout en l’absence de rétinopathie. Cela permet d’exclure d’autres maladies rénales non liées au diabète.
Comment gérer la maladie rénale diabétique ?
La prise en charge de la MRD repose sur une approche globale qui inclut le contrôle des facteurs de risque comme l’hypertension, l’hyperglycémie et la dyslipidémie, ainsi que des changements de mode de vie et une éducation du patient.
Gestion du sucre dans le sang
Pour les patients atteints de MRD, il est recommandé d’optimiser le traitement pour contrôler le taux de sucre. Cependant, une thérapie trop intensive n’est pas nécessaire pour les patients non dialysés. Il est raisonnable de maintenir le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) entre 7 % et 8 %, et un traitement personnalisé est préconisé. Les inhibiteurs du SGLT-2 (une classe de médicaments) semblent prometteurs pour ralentir la progression de la MRD.
Gestion de la pression artérielle
Pour les adultes non dialysés atteints de MRD, il est recommandé de traiter ceux dont la pression artérielle dépasse systématiquement 140 mmHg (systolique) ou 90 mmHg (diastolique) pour la maintenir en dessous de ces valeurs. Pour les patients avec des protéines dans les urines, il est suggéré de maintenir la pression artérielle en dessous de 130 mmHg (systolique) et 80 mmHg (diastolique). Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) ou les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA) sont recommandés pour les patients non dialysés, surtout ceux avec une hypertension et un RACU supérieur à 300 mg/g. Cependant, la combinaison de ces médicaments n’est pas recommandée.
Gestion des autres facteurs de risque cardiovasculaire
Pour les patients non dialysés, l’utilisation de statines (médicaments contre le cholestérol) ou de statines combinées à l’ézétimibe est suggérée. Le taux d’acide urique dans le sang doit être maintenu dans la norme, et l’apport en protéines alimentaires doit être de 0,8 g/kg par jour pour les patients non dialysés.
Quand consulter un néphrologue ?
Une consultation avec un néphrologue est recommandée pour les patients diabétiques présentant une protéinurie persistante, une baisse soudaine et continue du DFG, des complications liées à la maladie rénale nécessitant un traitement, une maladie rénale avancée, ou une absence de rétinopathie combinée à une augmentation rapide de la protéinurie ou un syndrome néphrotique.
Quelles sont les pistes de recherche futures ?
Plusieurs domaines nécessitent des recherches approfondies pour améliorer le diagnostic et la gestion de la MRD. Parmi eux, l’identification de nouveaux marqueurs précoces de la MRD, la susceptibilité génétique à la maladie, les nouveaux facteurs modifiables liés à la progression rapide de la fonction rénale, les objectifs optimaux de contrôle du sucre dans le sang, la sécurité et l’efficacité des combinaisons de médicaments antihypertenseurs, l’impact d’un contrôle intensif de la pression artérielle sur l’incidence de la MRD, la gestion à long terme des lipides, le potentiel des nouveaux agents comme les antagonistes des récepteurs de l’endothéline et les antagonistes non stéroïdiens des récepteurs des minéralocorticoïdes, les caractéristiques épidémiologiques de la MRD chez les jeunes diabétiques, les différences dans l’évolution naturelle de la MRD selon le type de diabète, et les effets de l’apport en protéines alimentaires sur le développement de la MRD. De plus, l’initiation d’un traitement pour réduire l’acide urique chez les patients diabétiques avec différents stades de maladie rénale et risques cardiovasculaires nécessite des clarifications supplémentaires.
Conclusion
Le guide chinois sur la MRD offre un cadre complet pour le diagnostic et la gestion de cette maladie, en mettant l’accent sur l’importance de contrôler les facteurs de risque modifiables, d’optimiser la gestion du sucre et de la pression artérielle, et de s’attaquer aux autres facteurs de risque cardiovasculaire. Des recherches futures sont nécessaires pour affiner ces recommandations et améliorer les résultats pour les patients atteints de MRD.
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doi.org/10.1097/CM9.0000000000001049