Votre thyroïde pourrait-elle affecter votre cœur ? Le lien caché entre les problèmes thyroïdiens et l’insuffisance cardiaque
Imaginez vous sentir constamment fatigué, essoufflé et avoir les jambes enflées. Vous consultez votre médecin, qui vous dit que votre cœur ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait, mais que la force de pompage de votre cœur semble normale. Cette condition, connue sous le nom d’insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection préservée (ICFEP), devient de plus en plus courante, en particulier avec l’âge. Mais et s’il y avait un problème sous-jacent qui aggrave la situation—quelque chose d’aussi simple qu’une thyroïde paresseuse ?
Le lien entre la thyroïde et le cœur
Votre thyroïde est une petite glande en forme de papillon située dans votre cou. Elle produit des hormones qui aident à réguler votre métabolisme, votre niveau d’énergie et même la fonction de votre cœur. Lorsque votre thyroïde ne fonctionne pas correctement, elle peut déséquilibrer tout votre corps. Un problème thyroïdien courant est l’hypothyroïdie subclinique (HSC). Dans l’HSC, vos niveaux d’hormones thyroïdiennes semblent normaux, mais votre hormone thyréostimulante (TSH)—un signal de votre cerveau indiquant à votre thyroïde de travailler plus—est plus élevée qu’elle ne devrait l’être.
Bien que l’HSC ne provoque pas toujours des symptômes évidents, elle a été liée à un risque accru de problèmes cardiaques. Les chercheurs pensent que cela se produit parce que l’HSC peut entraîner des niveaux plus élevés de « mauvais » cholestérol, une inflammation accrue et même des changements dans la façon dont votre sang coagule. Des études animales ont également suggéré que l’HSC pourrait provoquer une accumulation de certaines substances dans le muscle cardiaque, contribuant potentiellement à l’insuffisance cardiaque.
L’étude : Explorer le lien entre l’HSC et l’ICFEP
Pour mieux comprendre cette connexion, une équipe de chercheurs de l’hôpital universitaire de Lanzhou en Chine a mené une étude. Ils voulaient voir s’il existait une relation entre l’HSC et l’ICFEP et si cela pouvait expliquer pourquoi certains patients atteints d’ICFEP se sentent plus mal que d’autres.
L’étude a inclus 146 patients atteints d’ICFEP. La moitié d’entre eux avaient une HSC, tandis que l’autre moitié avait une fonction thyroïdienne normale. Les chercheurs ont comparé les deux groupes, en examinant des facteurs tels que les analyses de sang, la fonction cardiaque et les symptômes.
Qu’ont-ils trouvé ?
Les résultats ont été révélateurs. Les patients atteints d’HSC avaient des niveaux plus élevés de deux marqueurs clés : le peptide natriurétique cérébral (BNP), une protéine qui augmente lorsque le cœur est sous stress, et la protéine C-réactive (CRP), un signe d’inflammation. Ces deux marqueurs sont associés à une fonction cardiaque plus mauvaise.
Lorsque les chercheurs ont examiné les images cardiaques, ils ont constaté que les patients atteints d’HSC avaient plus de difficultés avec la phase de relaxation du cœur, connue sous le nom de fonction diastolique. Plus précisément, le rapport E/A—une mesure de la façon dont le cœur se remplit de sang—était plus faible dans le groupe HSC. Le rapport E/E0, qui reflète la pression à l’intérieur du cœur, était plus élevé. Ces résultats suggèrent que l’HSC pourrait rendre plus difficile la relaxation et le remplissage correct du cœur, même si la force de pompage du cœur est normale.
Pourquoi est-ce important ?
Le cœur et la thyroïde sont étroitement liés. Les hormones thyroïdiennes aident à réguler la façon dont le muscle cardiaque se contracte et se détend. Lorsque les niveaux d’hormones thyroïdiennes sont même légèrement déséquilibrés, cela peut affecter la capacité du cœur à fonctionner correctement. Dans l’HSC, la thyroïde ne produit pas suffisamment d’hormones pour répondre aux besoins du corps, même si les analyses de sang ne montrent pas de déficience claire.
Une explication possible implique une protéine appelée SERCA2, qui aide à déplacer le calcium dans et hors des cellules cardiaques. Le calcium est essentiel pour que le cœur se contracte et se détende correctement. Les hormones thyroïdiennes aident à activer SERCA2, donc lorsque les niveaux d’hormones thyroïdiennes sont bas, SERCA2 ne fonctionne pas aussi bien. Cela peut entraîner des problèmes avec la phase de relaxation du cœur, qui est une caractéristique de l’ICFEP.
Qu’est-ce que cela signifie pour les patients ?
Si vous avez été diagnostiqué avec une ICFEP, il pourrait être utile de demander à votre médecin de vérifier votre fonction thyroïdienne. Bien que l’HSC ne provoque pas toujours des symptômes, elle pourrait contribuer à vos problèmes cardiaques. Corriger l’HSC pourrait aider à améliorer la fonction de votre cœur et à vous faire sentir mieux.
Cependant, il est important de noter que cette étude ne prouve pas que le traitement de l’HSC guérira l’ICFEP. Elle met simplement en lumière un lien potentiel qui mérite d’être approfondi. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer si le traitement de l’HSC peut améliorer les résultats pour les patients atteints d’ICFEP.
La perspective globale
L’ICFEP est une condition complexe avec de nombreux facteurs contributifs. Bien que nous nous concentrions souvent sur des choses comme l’hypertension artérielle, le diabète et l’obésité, cette étude nous rappelle que d’autres systèmes du corps—comme la thyroïde—peuvent également jouer un rôle. En adoptant une approche plus holistique de la santé cardiaque, nous pourrions découvrir de nouvelles façons d’aider les patients à se sentir mieux et à vivre plus longtemps.
Conclusion
Votre thyroïde est peut-être petite, mais elle a un grand impact sur votre cœur. Cette étude suggère que l’hypothyroïdie subclinique pourrait aggraver l’insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection préservée en affectant la capacité du cœur à se détendre et à se remplir correctement. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, vérifier la fonction thyroïdienne pourrait être une étape importante dans la gestion de l’ICFEP et l’amélioration de la qualité de vie des patients.
À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000631