Une épidémie d’astrovirus humain (HAstV) dans un collège en Chine

Une épidémie d’astrovirus humain (HAstV) dans un collège en Chine : Comment un virus peu connu a touché des adolescents

Saviez-vous qu’un virus souvent associé aux jeunes enfants peut aussi frapper les adolescents ? En 2017, un collège de la région de Guangxi, dans le sud de la Chine, a été le théâtre d’une épidémie inattendue. Plus de 120 élèves âgés de 12 à 17 ans ont présenté des symptômes allant de la fièvre à des douleurs abdominales, des diarrhées et des vomissements. L’enquête a révélé que l’agent responsable était un astrovirus humain (HAstV), un virus généralement lié à des infections gastro-intestinales chez les jeunes enfants. Mais comment ce virus a-t-il pu se propager dans un collège ? Et que peut-on apprendre de cette épidémie pour mieux prévenir de telles situations à l’avenir ?


Qu’est-ce que l’astrovirus humain (HAstV) ?

L’astrovirus humain (HAstV) est un virus qui provoque souvent des infections gastro-intestinales, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans. Il se transmet principalement par voie fécale-orale, c’est-à-dire par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. Les symptômes typiques incluent des douleurs abdominales, des diarrhées et des vomissements. Cependant, dans certains cas, des symptômes respiratoires, comme la toux ou le nez qui coule, peuvent également apparaître.

Bien que les infections à HAstV soient généralement bénignes et ne nécessitent pas de traitement spécifique, elles peuvent être très contagieuses, surtout dans des environnements clos comme les écoles ou les garderies. C’est ce qui s’est passé dans ce collège de Guangxi.


Le début de l’épidémie

Tout a commencé le 7 novembre 2017, lorsqu’une élève de 14 ans a développé de la fièvre, des maux de tête et une toux. Elle n’avait pas voyagé récemment ni été en contact avec des personnes présentant des symptômes similaires. Pourtant, en quelques jours, le nombre de cas a explosé. Les 9 et 10 novembre, 37 puis 30 élèves ont été touchés. Une deuxième vague a suivi à partir du 15 novembre, avec 12, 8, 11 et 4 cas signalés les jours suivants. L’épidémie s’est finalement calmée après le 18 novembre.

Les chercheurs ont supposé que la première vague était due à une source commune d’exposition, comme de la nourriture ou de l’eau contaminée. La deuxième vague, en revanche, aurait été causée par une transmission de personne à personne.


Les symptômes observés

Parmi les 125 élèves touchés, presque tous (99,2 %) ont présenté de la fièvre. D’autres symptômes fréquents incluaient des douleurs abdominales (40,8 %), des diarrhées (35,2 %) et des vomissements (6,4 %). De plus, certains élèves ont rapporté des symptômes semblables à ceux de la grippe, comme des maux de tête (48 %), de la toux (16 %), des frissons (16 %), un nez qui coule (8 %), une obstruction nasale (7,2 %) et des maux de gorge (6,4 %).

Heureusement, la plupart des élèves ont pu être soignés en consultation externe. Seuls trois ont nécessité une hospitalisation, mais tous ont finalement guéri sans complications.


L’enquête pour identifier le virus

Pour déterminer la cause de l’épidémie, les chercheurs ont effectué deux séries de prélèvements. La première, le 13 novembre, a porté sur des écouvillons de gorge de 19 élèves symptomatiques. Ces échantillons ont été testés pour divers virus respiratoires, mais seul un test positif pour l’adénovirus humain et trois pour le rhinovirus humain ont été obtenus.

Une deuxième série de prélèvements, réalisée le 16 novembre, s’est concentrée sur les agents pathogènes liés à la diarrhée. Trente échantillons (écouvillons rectaux et de gorge) ont été prélevés chez 16 élèves et 10 membres du personnel de la cantine, ainsi que cinq échantillons environnementaux provenant de la cantine. Ces échantillons ont été testés pour le rotavirus, l’HAstV, l’adénovirus et le norovirus. Seul un échantillon d’un membre du personnel de la cantine a été positif au norovirus, mais 13 échantillons ont été positifs à l’HAstV, dont six provenant d’élèves, six de membres du personnel et un d’une planche à découper.


L’identification du virus

Pour confirmer l’identité du virus, les chercheurs ont amplifié une partie du gène de la protéine de capside (la couche externe du virus) et ont séquencé l’ADN obtenu. Les résultats ont montré que toutes les séquences étaient identiques à 100 %. Le virus a été nommé 0631/Wuzhou/Guangxi/2017 et sa séquence a été enregistrée dans la base de données GenBank (numéro d’accès MH643741). Une analyse phylogénétique a révélé que ce virus appartenait à la lignée 1b de l’HAstV, une souche déjà observée en Chine continentale après 2015.


Les leçons à tirer

Cette épidémie a mis en lumière plusieurs points importants. Tout d’abord, l’HAstV peut provoquer des symptômes variés, allant de troubles gastro-intestinaux à des symptômes respiratoires, ce qui peut compliquer le diagnostic. Ensuite, l’épidémie dans un collège souligne l’importance de renforcer les mesures d’hygiène et de salubrité dans les écoles pour prévenir la propagation de tels virus.

Les chercheurs ont également noté certaines limites dans leur étude, comme l’absence de prélèvements chez des élèves asymptomatiques et le manque de tests pour les bactéries pathogènes, qui auraient pu fournir une image plus complète de l’épidémie.


Conclusion

L’épidémie d’HAstV dans ce collège de Guangxi montre que ce virus, souvent associé aux jeunes enfants, peut aussi toucher les adolescents. Elle rappelle l’importance de la prévention, notamment par une meilleure hygiène et des mesures sanitaires adaptées dans les écoles. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre comment ce virus se propage, en particulier chez les populations non pédiatriques.

For educational purposes only.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000000072

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