Un nez bouché peut-il révéler un cancer caché ?

Un nez bouché peut-il révéler un cancer caché ? Le lien surprenant entre la rhinite et les tumeurs pulmonaires

Imaginez avoir le nez bouché pendant des années, pour finalement découvrir que c’est un indice d’un cancer pulmonaire rare. Ce n’est pas de la fiction—c’est ce qui est arrivé à une femme de 48 ans en Chine lors de contrôles de routine pour la COVID-19. Son histoire montre comment des symptômes quotidiens peuvent cacher des conditions potentiellement mortelles et pourquoi des virus comme celui d’Epstein-Barr (EBV) méritent une attention accrue.


Le cas qui a tout changé

En 2020, une femme non-fumeuse a consulté son médecin pour une rhinite qui s’aggravait—un problème courant provoquant éternuements, congestion et écoulement nasal. Elle avait des symptômes légers depuis deux ans, mais cette fois, les règles pandémiques exigeaient des tests supplémentaires : un prélèvement pour la COVID-19, un scanner thoracique (CT) et des vérifications pour d’autres virus.

Les résultats ont été choquants.

  • L’EBV, un virus lié à certains cancers, a été détecté dans son nez et son sang.
  • Le scanner thoracique a révélé une masse suspecte dans son poumon gauche.
  • Un PET scan (un examen d’imagerie détaillé) a montré une activité intense dans le poumon et même dans la région nasale.

Les médecins lui ont diagnostiqué un carcinome lymphoépithélial pulmonaire primaire (PPLELC), un cancer pulmonaire rare lié à l’EBV. Comment un nez bouché a-t-il conduit à cette découverte ?


Qu’est-ce que le PPLELC ?

Le PPLELC représente moins de 1 % des cancers du poumon. Il est souvent lié à l’EBV, le même virus responsable de la « mono » (mononucléose infectieuse) et de certains cancers de la gorge. Comme le carcinome nasopharyngé (un cancer de la gorge), le PPLELC présente des cellules cancéreuses entourées de cellules immunitaires. Mais contrairement à la plupart des cancers pulmonaires, le PPLELC est rarement associé au tabagisme ou à des mutations génétiques courantes.

Points clés :

  • Touche principalement des adultes jeunes et non-fumeurs.
  • Difficile à diagnostiquer—les symptômes imitent des problèmes pulmonaires courants (toux, douleur thoracique).
  • Traité principalement par chirurgie, car il manque souvent de cibles pour les médicaments anticancéreux standards.

L’indice de la rhinite

La rhinite chronique de la femme n’était pas « juste des allergies ». Ses tissus nasaux montraient une activité de l’EBV, et le PET scan s’est illuminé dans son nez et son poumon. Bien que la rhinite seule ne cause pas le cancer, les médecins suspectent qu’une infection prolongée par l’EBV a créé une « tempête parfaite » :

  1. L’EBV a endommagé les cellules nasales, provoquant une inflammation.
  2. Le virus a peut-être migré vers le poumon, déclenchant un cancer au fil du temps.

Ce cas suggère que la rhinite pourrait être un signal d’alarme pour les cancers liés à l’EBV chez les groupes à risque.


Comment le dépistage de la COVID-19 a aidé

Sans les règles pandémiques, son cancer aurait pu se propager sans être détecté. Les scanners thoraciques de routine pour la COVID-19 ont révélé sa tumeur à un stade précoce. Cette découverte « accidentelle » souligne une leçon : les examens d’imagerie réguliers peuvent sauver des vies, même lorsqu’ils sont effectués pour d’autres raisons.


Le rôle du virus d’Epstein-Barr

L’EBV infecte plus de 90 % des adultes dans le monde, sans généralement causer de dommages. Mais lorsque le système immunitaire ne parvient pas à le contrôler, le virus peut favoriser des cancers. Dans le PPLELC et le carcinome nasopharyngé, les protéines de l’EBV détournent les voies de croissance cellulaire, transformant les cellules saines en cellules cancéreuses.

Pourquoi c’est important :

  • Des tests sanguins ou nasaux pour l’EBV pourraient aider à identifier les patients à risque.
  • Toutes les infections par l’EBV ne conduisent pas au cancer—mais une surveillance est cruciale pour ceux présentant des symptômes persistants.

Défis et espoirs dans le traitement

La femme a subi une chirurgie pour retirer sa tumeur pulmonaire. Les analyses en laboratoire ont confirmé le PPLELC et la présence de l’EBV dans les cellules cancéreuses. Les tests génétiques n’ont révélé aucune mutation observée dans les cancers pulmonaires typiques, rendant les médicaments comme les inhibiteurs de tyrosine kinase (utilisés pour les mutations EGFR ou ALK) inefficaces.

Cependant, sa tumeur présentait des niveaux élevés de PD-L1—une protéine qui bloque les attaques immunitaires. Cela suggère que l’immunothérapie (des médicaments qui « démasquent » le cancer pour le système immunitaire) pourrait être utile si le cancer réapparaît.


Leçons pour les patients et les médecins

  1. Ne négligez pas les symptômes chroniques. Des années de rhinite ont conduit à un diagnostic de cancer. Les problèmes persistants nécessitent des investigations approfondies.
  2. L’EBV n’est pas juste un « virus de l’adolescence ». Il peut jouer un rôle dans des cancers des décennies après l’infection.
  3. Les examens de routine ont des avantages multiples. Les protocoles COVID-19 ont sauvé cette patiente. Des approches similaires pourraient détecter d’autres maladies cachées.

Ce que vous pouvez faire

  • Pour les symptômes nasaux : Si la rhinite persiste pendant des mois, demandez un test pour l’EBV.
  • Pour les patients EBV-positifs : Discutez de scanners thoraciques avec votre médecin, même en l’absence de symptômes pulmonaires.
  • Pour tout le monde : Restez informé sur les dépistages de routine—ils sont conçus pour détecter plus que vous ne le pensez.

Le grand tableau
Ce cas établit un pont entre des affections courantes (nez bouché) et des cancers rares, montrant comment des virus comme l’EBV peuvent silencieusement influencer la santé. Bien que le PPLELC reste rare, ses liens avec l’EBV nous rappellent de prendre au sérieux les symptômes à long terme—et d’apprécier les bénéfices inattendus des examens médicaux.

À des fins éducatives uniquement.
DOI: 10.1097/CM9.0000000000001541

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