Pouvez-vous encore transmettre la COVID-19 après vous être rétabli ? La vérité surprenante sur la persistance virale
Imaginez que vous vous remettez de la COVID-19—votre fièvre tombe, votre toux disparaît, et les tests montrent enfin qu’il n’y a plus de trace du virus dans votre gorge. Vous pensez que le pire est passé. Mais et si le virus se cachait encore ailleurs dans votre corps ? Une étude de 2020 a révélé des faits surprenants sur la durée pendant laquelle le coronavirus (2019-nCoV) persiste dans des endroits inattendus, même après que les patients se sentent mieux. Cette découverte a changé la façon dont les médecins abordent la récupération et les directives d’isolement.
Le problème caché : Le virus se cache à la vue de tous
Au début de la pandémie, les scientifiques savaient que le coronavirus se propageait par la toux et les éternuements. Mais alors que les cas augmentaient, une question troublante s’est posée : Le virus pouvait-il survivre dans d’autres fluides corporels, comme les selles ou l’urine, même après la guérison des patients ? Si c’était le cas, les gens pourraient propager l’infection sans le savoir à travers des activités quotidiennes comme aller aux toilettes.
Ce n’était pas qu’une théorie. Des médecins de Shanghai ont remarqué quelque chose d’étrange. Les patients qui avaient un test négatif pour le virus dans les prélèvements de gorge avaient parfois encore des traces de matériel génétique viral (ARN) dans leurs selles. L’ARN n’est pas le virus vivant, mais sa présence suggère que le virus pourrait encore être actif. Pour résoudre ce mystère, les chercheurs ont suivi 66 patients en convalescence de la COVID-19 pour voir combien de temps le virus persistait—et où.
Combien de temps le virus persiste-t-il ?
L’étude a suivi les patients pendant trois semaines après le début de leurs symptômes. Voici ce qu’ils ont découvert :
- Prélèvements de gorge : La plupart des patients avaient éliminé le virus de leur gorge en 9 à 11 jours. Cela correspondait aux premières directives suggérant deux tests négatifs pour mettre fin à l’isolement.
- Échantillons de selles : Étonnamment, 17 % des patients avaient encore de l’ARN viral dans leurs selles après que leurs tests de gorge étaient devenus négatifs. Pour certains, cela a duré jusqu’à 16 jours.
- Urine : Un petit nombre (7 %) a été testé positif dans l’urine, parfois même après l’élimination du virus dans la gorge.
- Sang : Aucun virus n’a été trouvé dans les échantillons de sang.
Cela signifiait qu’une personne pouvait être déclarée « exempte de virus » sur la base des tests de gorge, mais qu’elle pouvait encore excréter du matériel viral par les selles—un risque potentiel pour les soignants ou les toilettes partagées.
Pourquoi votre intestin pourrait être un entrepôt à virus
L’intestin n’est pas seulement pour la digestion. Il est tapissé de cellules qui possèdent les mêmes « serrures » (récepteurs ACE2) que le coronavirus utilise pour envahir les cellules de la gorge. Cela pourrait expliquer pourquoi le virus prospère là-bas. Même après que le système immunitaire a nettoyé la gorge, l’intestin pourrait agir comme un réservoir caché.
Mais il y a une bonne nouvelle : Trouver de l’ARN dans les selles ne signifie pas nécessairement que le virus vivant et infectieux est présent. L’étude n’a mesuré que des fragments génétiques, pas un virus actif. Pourtant, jusqu’à ce que cela soit prouvé, les experts recommandent la prudence.
Deux facteurs qui ralentissent l’élimination du virus
L’étude a révélé deux facteurs clés affectant la vitesse à laquelle le corps se débarrasse de l’ARN viral :
1. Des soldats immunitaires affaiblis (cellules CD4+ T)
Les cellules CD4+ T (un type de cellule immunitaire qui coordonne les attaques) étaient cruciales. Les patients avec des taux plus bas de CD4+ mettaient plus de temps à éliminer le virus des selles. Imaginez ces cellules comme des généraux dirigeant des troupes—sans assez de généraux, le corps a du mal à éliminer les envahisseurs.
2. Les traitements aux stéroïdes
Les patients traités avec des stéroïdes comme la dexaméthasone (des médicaments qui réduisent l’inflammation) avaient des temps d’élimination plus lents. Les stéroïdes aidaient à calmer l’inflammation mortelle des poumons dans les cas graves, mais pourraient aussi supprimer la capacité du système immunitaire à éliminer complètement le virus. Par exemple :
- L’élimination dans la gorge prenait 15 jours avec des stéroïdes contre 8 jours sans.
- L’élimination dans les selles prenait 20 jours avec des stéroïdes contre 11 jours sans.
Ce compromis signifie que les médecins doivent peser les avantages des stéroïdes contre le risque de persistance virale prolongée.
Ce que cela signifie pour votre rétablissement
Si vous avez eu la COVID-19, voici ce qu’il faut retenir :
- Directives d’isolement : Même après que les tests de gorge sont négatifs, suivez les conseils de santé locaux concernant l’hygiène et l’isolement.
- Hygiène des toilettes : Nettoyez les surfaces, fermez le couvercle des toilettes avant de tirer la chasse, et lavez-vous soigneusement les mains.
- Santé immunitaire : Une alimentation équilibrée, le sommeil et la gestion du stress soutiennent les cellules CD4+—les généraux de votre corps pour combattre les virus.
La vue d’ensemble : Pourquoi cette étude est importante
Avant cette recherche, la plupart des pays se concentraient sur les prélèvements de gorge pour décider quand les patients étaient en sécurité. Désormais, les scientifiques débattent de l’opportunité d’inclure les tests de selles dans les directives de rétablissement, en particulier dans les environnements à haut risque comme les maisons de retraite.
Cela met également en lumière une leçon de la pandémie : Les virus exploitent chaque faiblesse. En étudiant non seulement les poumons, mais aussi l’intestin, l’urine et le sang, nous acquérons des outils pour les déjouer.
À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000774