Pourquoi tant de personnes sont-elles allergiques au pollen d’Artemisia ? Les coupables cachés révélés

Pourquoi tant de personnes sont-elles allergiques au pollen d’Artemisia ? Les coupables cachés révélés

Si vous avez déjà éternué de manière incontrôlable, eu les yeux qui démangent ou ressenti une gorge serrée pendant la saison des allergies, vous n’êtes pas seul. Les allergies touchent des millions de personnes dans le monde, et en Chine, un déclencheur majeur se cache à la vue de tous : le pollen des plantes Artemisia. Ces herbes, communément appelées armoises, libèrent de minuscules particules qui mettent les systèmes immunitaires en surchauffe. Mais qu’est-ce qui rend ce pollen si problématique ? Des scientifiques ont découvert deux nouvelles protéines allergènes dans Artemisia annua, une espèce répandue dans le nord et l’est de la Chine. Explorons comment ces découvertes pourraient changer la façon dont nous diagnostiquons et comprenons les allergies au pollen.


L’épidémie d’allergies et le problème du pollen

Les allergies sont en augmentation dans le monde, et le pollen est l’un des principaux responsables. En Chine, les espèces d’Artemisia comme A. annua (armoise annuelle) et A. vulgaris (armoise commune) produisent du pollen lié à l’asthme saisonnier et au rhume des foins. Alors que A. vulgaris pousse principalement dans l’ouest de la Chine, A. annua prospère dans les régions densément peuplées du nord et de l’est. Pour les personnes allergiques, cela signifie une exposition accrue à son pollen—et plus de symptômes.

Les allergies surviennent lorsque le système immunitaire confond des substances inoffensives, comme les protéines du pollen, avec des menaces. Des anticorps spécifiques appelés IgE (un type d’anticorps) se lient à ces protéines, déclenchant la libération de substances chimiques comme l’histamine par les cellules. Cela provoque une inflammation, entraînant des éternuements, des éruptions cutanées, voire des réactions potentiellement mortelles. Pour lutter contre les allergies, les scientifiques doivent d’abord identifier les protéines exactes qui activent les IgE.


Découvrez les nouveaux déclencheurs d’allergies : les profilines

Les profilines sont de petites protéines présentes dans de nombreuses plantes. Elles aident les cellules à construire des structures, mais agissent également comme des allergènes courants. Jusqu’à récemment, seuls deux allergènes avaient été identifiés dans le pollen d’A. annua. Désormais, des chercheurs ont découvert deux nouvelles profilines—nommées profiline 1 et profiline 2—grâce à un séquençage génétique avancé.

Voici ce qui les rend significatives :

  • Des jumeaux génétiques avec une différence : La profiline 1 et la profiline 2 d’A. annua ont exactement les mêmes structures protéiques que Art v 4.0101 et Art v 4.0201, deux allergènes connus d’A. vulgaris. Cependant, leurs codes génétiques diffèrent légèrement.
  • Des caractéristiques partagées avec d’autres allergènes : Ces profilines sont similaires à 65–90 % aux protéines polliniques du bouleau, du tournesol et d’autres plantes. Cela explique pourquoi les personnes allergiques à un type de pollen réagissent souvent à d’autres.
  • Des cousins évolutifs : Un arbre généalogique des profilines végétales montre que ces protéines ont été conservées à travers les espèces pendant des millions d’années. La profiline 1 se regroupe étroitement avec les allergènes de l’ambroisie, tandis que la profiline 2 s’aligne avec les profilines du tournesol.

Comment les scientifiques ont découvert ces allergènes cachés

Les chercheurs ont utilisé une approche étape par étape pour identifier et tester les nouvelles profilines :

  1. Chasse aux gènes : Ils ont analysé le matériel génétique (ARN) du pollen d’A. annua pour trouver les gènes codant pour les profilines.
  2. Production de protéines : Les gènes ont été insérés dans des bactéries pour produire en masse les protéines. Comme les bactéries ne peuvent pas plier correctement ces protéines, les scientifiques ont dû les « replier » en laboratoire.
  3. Tests d’allergie : Des échantillons de sang de 200 patients allergiques et de 16 volontaires sains ont été testés. Environ 33 % des patients avaient des anticorps IgE réagissant à la profiline 1, et 27 % réagissaient à la profiline 2.

Étonnamment, ces taux correspondent aux taux d’allergie aux profilines du bouleau (Bet v 2) et du tournesol (Hel a 2). Cela suggère que les profilines sont des allergènes « universels » à travers les espèces végétales.


La réactivité croisée : pourquoi une allergie en entraîne une autre

Si vous êtes allergique au pollen d’Artemisia, vous pourriez également réagir à des aliments comme le céleri, les carottes ou les épices. Cette « réactivité croisée » se produit parce que les profilines du pollen ressemblent à celles de certains aliments. L’étude a confirmé cela avec des expériences :

  • La profiline 1 pouvait bloquer 54 % des réactions IgE à la profiline 2, et vice versa.
  • Les deux profilines ont partiellement inhibé la liaison des IgE à l’extrait naturel de pollen d’A. annua.

Ce chevauchement signifie que le diagnostic des allergies n’est pas simple. Les symptômes d’une personne pourraient provenir de multiples sources, pas seulement du déclencheur principal.


L’âge compte : un schéma surprenant dans la sensibilité aux allergies

L’étude a noté que les patients plus âgés avaient des réactions IgE plus faibles aux profilines. Bien que la raison ne soit pas claire, les scientifiques spéculent qu’une exposition à long terme au pollen pourrait désensibiliser le système immunitaire avec le temps. Cependant, cette tendance doit être vérifiée dans des populations diverses.


Ce que cela signifie pour les personnes allergiques

Ces découvertes n’offrent pas de remède, mais elles améliorent notre compréhension des allergies :

  • Un meilleur diagnostic : Tester des profilines spécifiques pourrait aider à identifier quels pollens ou aliments déclenchent les symptômes d’une personne.
  • Des soins personnalisés : Les médecins pourraient utiliser ces données pour adapter les plans de gestion des allergies.
  • Un potentiel de recherche : Étudier comment les profilines interagissent avec le système immunitaire pourrait conduire à de nouveaux traitements.

Le tableau d’ensemble

Les allergies sont complexes, et le pollen d’Artemisia n’est qu’une pièce du puzzle. Cependant, la découverte de ses profilines cachées nous rapproche de la compréhension de pourquoi notre corps combat parfois des substances inoffensives. Alors que la recherche continue, l’espoir est de transformer ces connaissances en outils pour rendre les saisons des allergies plus faciles pour tous.


À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000001309

Laisser un commentaire 0

Your email address will not be published. Required fields are marked *