Pourquoi tant de patients asthmatiques à Shanghai ont-ils du mal à suivre leur traitement ?

Pourquoi tant de patients asthmatiques à Shanghai ont-ils du mal à suivre leur traitement ?

L’asthme touche des millions de personnes dans le monde, mais beaucoup ne suivent pas leur plan de traitement prescrit. À Shanghai, l’une des villes les plus avancées de Chine, seulement la moitié des patients asthmatiques prennent leurs médicaments comme indiqué. Pourquoi cela se produit-il, et que peut-on faire pour améliorer la situation ? Cet article explore les facteurs derrière la mauvaise observance du traitement et propose des pistes pour que les patients et les professionnels de santé puissent mieux gérer l’asthme ensemble.

Le problème de l’observance du traitement de l’asthme

L’asthme est une maladie chronique qui nécessite une gestion continue. Cependant, des études montrent qu’au moins 50 % des patients asthmatiques, adultes et enfants, ne suivent pas leur plan de traitement. Ce manque d’observance entraîne des symptômes non contrôlés, des crises fréquentes et même des hospitalisations. Comprendre pourquoi les patients ont du mal à suivre leur traitement est essentiel pour améliorer leur qualité de vie.

Un regard approfondi sur l’étude

Une étude récente à Shanghai visait à découvrir les raisons de la mauvaise observance du traitement de l’asthme. Les chercheurs ont interrogé 552 patients asthmatiques issus de dix hôpitaux, incluant des cliniques générales et spécialisées. Les participants ont été interrogés sur leurs habitudes de médication, leur connaissance de l’asthme et les difficultés qu’ils rencontrent à suivre leur plan de traitement.

L’étude a utilisé un outil appelé l’échelle de Morisky (MMAS-8) pour mesurer l’observance. Cet outil attribue un score basé sur la manière dont les patients suivent les instructions de leur médication. Les scores inférieurs à six indiquent une mauvaise observance, tandis que les scores de six ou plus suggèrent une bonne observance. Les résultats ont montré que 49,8 % des patients avaient une mauvaise observance, contre 50,2 % ayant une bonne observance.

Qui a le plus de difficultés ?

L’étude a révélé que les patients plus jeunes, en particulier ceux âgés de 18 à 30 ans, étaient plus susceptibles d’avoir une mauvaise observance par rapport aux patients plus âgés. Cela pourrait s’expliquer par le fait que les jeunes ne perçoivent pas l’asthme comme un problème sérieux ou ne priorisent pas autant leur santé. De plus, les patients traités dans des cliniques spécialisées avaient des taux d’observance plus faibles que ceux traités dans des cliniques générales ou expertes. Ce résultat est surprenant, car on s’attend à ce que les cliniques spécialisées offrent de meilleurs soins.

Le niveau d’éducation joue également un rôle. Les patients ayant un niveau d’éducation supérieur (université ou plus) montraient une tendance à une observance plus faible que ceux ayant un niveau d’éducation inférieur. Cela suggère qu’un niveau d’éducation plus élevé ne se traduit pas nécessairement par de meilleures habitudes de santé.

Le rôle de la sensibilisation à la maladie

Comprendre l’asthme et son traitement est crucial pour l’observance. L’étude a testé les connaissances des patients sur l’asthme avec cinq questions. Seulement 30,4 % des participants ont répondu correctement aux cinq questions, tandis que 50 % en connaissaient deux ou moins. Les patients ayant une mauvaise observance étaient significativement moins susceptibles de comprendre des aspects clés de l’asthme, comme la nécessité d’un traitement à long terme.

Ce manque de sensibilisation peut amener les patients à arrêter leurs médicaments lorsqu’ils se sentent mieux, même si l’asthme nécessite une gestion continue. Éduquer les patients sur l’importance d’un traitement cohérent est essentiel pour améliorer l’observance.

Les habitudes de médication et l’observance

Les types de médicaments que les patients prennent affectent également l’observance. L’étude a révélé que les patients ayant une mauvaise observance étaient plus susceptibles d’utiliser des inhalateurs à action rapide, des médicaments oraux combinés et de la médecine traditionnelle chinoise. Ils étaient également plus susceptibles de prendre quatre types de médicaments ou plus. Les régimes de traitement complexes peuvent rendre plus difficile pour les patients de suivre leur plan, surtout s’ils ne comprennent pas pourquoi ils ont besoin de plusieurs médicaments.

Les inhalateurs à action rapide, qui procurent un soulagement immédiat mais ne contrôlent pas l’inflammation, peuvent donner aux patients un faux sentiment de sécurité. Ils pourraient arrêter d’utiliser leurs médicaments à long terme, pensant qu’ils n’en ont plus besoin. Cela souligne l’importance d’utiliser des traitements standardisés et basés sur des preuves, ainsi que de simplifier les plans de médication lorsque cela est possible.

Pourquoi les patients arrêtent-ils de prendre leurs médicaments ?

L’étude a identifié 13 raisons courantes de la mauvaise observance. Les principales raisons incluent :

  1. Se sentir mieux : 31,9 % des patients ont arrêté de prendre leurs médicaments parce qu’ils estimaient que leurs symptômes s’étaient améliorés.
  2. Oubli : 24,5 % ont simplement oublié de prendre leurs médicaments.
  3. Difficulté à acheter les médicaments : 21,2 % trouvaient qu’il était difficile de se procurer leurs médicaments.
  4. Réticence à utiliser des inhalateurs à long terme : 17,2 % hésitaient à utiliser des inhalateurs sur une longue période.
  5. Peur de la dépendance aux médicaments : 16,7 % craignaient de devenir dépendants de leurs médicaments.
  6. Coût : 15,9 % pensaient que les médicaments étaient trop chers.
  7. Difficulté à persister : 14,9 % trouvaient difficile de suivre leur traitement sur le long terme.

D’autres raisons incluaient la peur des effets secondaires, les difficultés financières, les problèmes d’utilisation de l’inhalateur et l’inconvénient de transporter l’appareil. Les patients ayant une mauvaise observance étaient plus susceptibles de citer ces raisons, en particulier se sentir mieux, oublier et la réticence à utiliser des inhalateurs à long terme.

Que peut-on faire pour améliorer l’observance ?

Les résultats de l’étude suggèrent plusieurs moyens d’améliorer l’observance du traitement de l’asthme :

  1. Éducation des patients : Les patients doivent comprendre pourquoi un traitement cohérent est important, même lorsqu’ils se sentent mieux. Les professionnels de santé doivent expliquer comment fonctionne l’asthme et le rôle des médicaments dans le contrôle de la maladie.
  2. Simplification des plans de traitement : Réduire le nombre de médicaments et utiliser des traitements standardisés et basés sur des preuves peut faciliter la tâche des patients pour suivre leur plan.
  3. Meilleure communication : Une communication efficace entre les professionnels de santé et les patients est cruciale. Les cliniques expertes, qui limitent le nombre de patients pour assurer des soins de qualité, montraient de meilleurs taux d’observance. Cela suggère qu’une attention personnalisée peut faire la différence.
  4. Répondre aux préoccupations : Les professionnels de santé doivent répondre aux craintes des patients concernant la dépendance aux médicaments, les effets secondaires et l’utilisation à long terme des inhalateurs. Des explications claires et des assurances peuvent aider les patients à se sentir plus à l’aise avec leur traitement.
  5. Rappels et soutien : Des outils comme des rappels de médication, des groupes de soutien et des rendez-vous de suivi peuvent aider les patients à rester sur la bonne voie.

Conclusion

L’observance du traitement de l’asthme à Shanghai est loin d’être idéale, avec seulement la moitié des patients suivant leurs médicaments prescrits. Les patients plus jeunes, ceux traités dans des cliniques spécialisées et ceux ayant une faible sensibilisation à la maladie sont particulièrement à risque. Les régimes de traitement non standardisés et complexes contribuent également à la mauvaise observance.

Améliorer l’observance nécessite une approche multi-facettes incluant l’éducation des patients, la simplification des plans de traitement, une meilleure communication et la réponse aux préoccupations des patients. En travaillant ensemble, les patients et les professionnels de santé peuvent améliorer la gestion de l’asthme et réduire le fardeau de cette maladie chronique.

À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000001680

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