Pourquoi ne pouvons-nous pas traiter le psoriasis plus efficacement ?

Pourquoi ne pouvons-nous pas traiter le psoriasis plus efficacement ?
Le psoriasis touche plus de 125 millions de personnes dans le monde. De nombreux patients luttent contre des traitements qui ne fonctionnent que temporairement, provoquent des effets secondaires ou perdent de leur efficacité avec le temps. Un composé d’origine végétale appelé matrine (ma-TREEN), combiné à un médicament existant contre le psoriasis, pourrait-il offrir une meilleure solution ?


La réalité frustrante des soins du psoriasis
Le psoriasis provoque des plaques rouges et squameuses sur la peau en raison d’une croissance rapide des cellules cutanées et d’une inflammation. Les traitements actuels incluent des crèmes, la photothérapie et des médicaments comme le méthotrexate ou l’acitrétine (a-SIH-treh-tin). Bien que ces traitements aident certains patients, ils sont souvent insuffisants. L’acitrétine, un dérivé de la vitamine A, fonctionne de manière inconstante et peut provoquer une sécheresse cutanée ou des problèmes hépatiques à fortes doses. Les nouveaux médicaments biologiques ciblent les réponses immunitaires, mais ils sont coûteux et manquent de données de sécurité à long terme.

Cela laisse les patients et les médecins avec une question : Comment pouvons-nous améliorer le traitement sans augmenter les risques ?


Un composé naturel entre en scène en laboratoire
La matrine provient des racines de la plante Sophora, utilisée en médecine traditionnelle chinoise pour les affections cutanées et les infections. Des études en laboratoire montrent qu’elle combat l’inflammation, ralentit la croissance des cellules cancéreuses et apaise les réactions allergiques. Les chercheurs se sont demandés : La matrine pourrait-elle lutter contre le psoriasis en ralentissant la croissance des cellules cutanées ou en réduisant l’inflammation ?


Tester le pouvoir de la matrine sur les cellules cutanées
Les scientifiques ont utilisé des cellules HaCaT—une lignée de cellules cutanées humaines—pour imiter la surcroissance caractéristique du psoriasis. Ils ont exposé ces cellules à la matrine pendant 1 à 3 jours. Les résultats ont montré :

  • Ralentissement de la croissance cellulaire : Des doses plus élevées de matrine ont réduit le nombre de cellules de 36 % après 3 jours.
  • Blocage du cycle cellulaire : La matrine a piégé les cellules dans la phase de « repos » (G0/G1), empêchant leur division.
  • Augmentation de l’autophagie : Les cellules ont montré une augmentation des marqueurs d’autophagie (processus d’auto-nettoyage) comme LC3 et Beclin1.

La matrine a également réduit les niveaux de cycline D1, une protéine qui stimule la division cellulaire, tout en augmentant p21, un « signal d’arrêt » pour la croissance cellulaire.


Associer la matrine à l’acitrétine : Une combinaison gagnante ?
Lorsque les chercheurs ont combiné la matrine à l’acitrétine, les effets se sont amplifiés :

  • Contrôle plus fort de la croissance : Le traitement combiné a bloqué 41 % de plus de croissance cellulaire que chaque médicament seul.
  • Blocage plus profond du cycle cellulaire : 75 % des cellules sont restées en phase de repos contre 65 % avec la matrine seule.
  • Autophagie renforcée : Plus de vacuoles d’auto-nettoyage sont apparues sous les microscopes.

Le duo a également surpassé les traitements individuels en supprimant la voie PI3K/Akt/mTOR (un système de communication cellulaire qui contrôle la croissance).


Des souris avec une peau semblable au psoriasis voient une amélioration
Chez les souris traitées avec de l’imiquimod (ih-MIH-kwih-mod)—une crème qui déclenche une inflammation semblable au psoriasis—la combinaison matrine-acitrétine a :

  • Réduit la rougeur, la desquamation et l’épaississement de la peau de 50 % par rapport aux traitements individuels.
  • Diminué les marqueurs d’inflammation dans les échantillons de peau.
  • Augmenté les protéines d’autophagie dans les zones guéries.

Comment cela pourrait-il fonctionner chez l’homme ?
Le psoriasis implique deux problèmes clés : un renouvellement rapide des cellules cutanées et une inflammation. La matrine semble :

  1. Ralentir la croissance des cellules cutanées en perturbant les protéines qui stimulent la division.
  2. Activer l’autophagie, aidant les cellules à éliminer les parties endommagées et à réduire l’inflammation.
  3. Renforcer les médicaments existants comme l’acitrétine, permettant potentiellement des doses plus faibles et moins d’effets secondaires.

La voie PI3K/Akt/mTOR—souvent hyperactive dans le psoriasis—est une cible commune. La bloquer pourrait calmer à la fois la croissance cellulaire et les réponses immunitaires.


Pourquoi cela compte pour les patients
Les traitements actuels du psoriasis se concentrent soit sur le ralentissement des cellules cutanées (comme l’acitrétine), soit sur l’apaisement de l’immunité (comme les biologiques). L’action duale de la matrine sur ces deux processus pourrait combler une lacune. La combiner avec des médicaments plus anciens pourrait :

  • Améliorer les résultats pour les cas résistants.
  • Réduire la dépendance aux médicaments à haute dose.
  • Offrir une alternative moins coûteuse aux biologiques.

Cependant, cette recherche en est à ses débuts. Les résultats sur les souris et les cellules de laboratoire ne garantissent pas le succès chez l’homme.


Questions restant sans réponse

  1. Sécurité : La matrine a provoqué une toxicité hépatique chez les rats à très fortes doses. Quelle dose est sûre pour l’homme ?
  2. Administration : Comment les patients doivent-ils la prendre—sous forme de comprimé, de crème ou d’injection ?
  3. Effets à long terme : L’autophagie peut-elle être surstimulée ?

Des études en cours exploreront ces questions.


Un espoir à l’horizon
Bien que ce ne soit pas un remède, les traitements à base de matrine pourraient devenir un outil précieux. Pour les patients atteints de psoriasis fatigués de changer de thérapies inefficaces, cette recherche offre un optimisme prudent. Comme l’a noté un scientifique, « La pharmacie de la nature détient encore des secrets que nous commençons tout juste à découvrir. »


À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000412

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