Pourquoi ne pouvons-nous pas tous comprendre les mêmes images de santé ?

Pourquoi ne pouvons-nous pas tous comprendre les mêmes images de santé ?

Imaginez voyager dans un autre pays et voir un panneau pour le lavage des mains qui vous semble totalement étranger. Au lieu de bulles de savon ou d’eau qui coule, l’image montre un bol et des feuilles. Sauriez-vous ce que cela signifie ? Les symboles et graphiques de santé confus sont un problème mondial. Avec tant de cultures et de langues, comment pouvons-nous créer des images de santé que tout le monde comprend ?

Le problème : des messages contradictoires

Les infographies de santé (graphiques d’information visuelle) sont partout. Elles expliquent comment les maladies se propagent, montrent les étapes pour prendre des médicaments ou rappellent aux gens de faire de l’exercice. Mais ces images ne sont pas toujours conçues de la même manière. Un symbole d’avertissement pour une crise cardiaque dans un pays pourrait ressembler à un poing serré dans un autre. Une icône de vaccin pourrait montrer une aiguille dans certains endroits, mais une bouteille ailleurs.

Cette incohérence crée des risques. Par exemple, pendant la pandémie de COVID-19, les groupes de santé publique ont utilisé des infographies pour enseigner le port du masque et la distanciation sociale. Mais des études ont montré que les personnes dans les zones rurales ou avec une éducation limitée comprenaient souvent mal les visuels. Les couleurs, les symboles et même les polices de caractères (styles de texte) comptaient. Un « X » rouge sur une personne qui tousse pourrait signifier « évitez de tousser » pour certains, mais « ne cherchez pas d’aide » pour d’autres.

Pourquoi standardiser les images de santé ?

Pensez aux feux de circulation. Le rouge signifie « stop » et le vert signifie « avancez » dans le monde entier. Peu importe où vous conduisez, les couleurs sont les mêmes. Les infographies de santé standardisées pourraient fonctionner de cette manière. Elles utiliseraient des symboles et des designs universels pour partager des informations critiques.

Voici pourquoi cela compte :

  1. Rapidité – En cas d’urgence, les gens doivent agir vite. Des images claires et familières font gagner du temps.
  2. Accessibilité – Plus d’un milliard de personnes vivent avec un handicap. Les graphiques standardisés peuvent être conçus pour ceux qui ont des problèmes de vision, des difficultés de lecture ou des défis cognitifs.
  3. Confiance – Des visuels cohérents renforcent la confiance. Si les communautés voient les mêmes symboles utilisés par les médecins, les gouvernements et les médias, elles sont plus susceptibles de suivre les conseils.

La science derrière un design simple

Les chercheurs ont étudié ce qui rend les infographies de santé efficaces. Les règles clés incluent :

  • Limiter les couleurs – Trop de nuances peuvent distraire. Le bleu et le vert signalent souvent la sécurité ; le rouge signale le danger.
  • Utiliser des symboles courants – Une loupe pour « rechercher », une maison pour « domicile ».
  • Texte court – Remplacez les paragraphes par des puces ou des chiffres.
  • Tester avec de vraies personnes – Les designs doivent être examinés par des groupes divers pour éviter les malentendus.

Par exemple, une infographie sur le diabète pourrait montrer une assiette divisée en sections (légumes, protéines, céréales) en utilisant des couleurs et des formes plutôt que des mots. Quelqu’un qui ne lit pas l’anglais ou le mandarin pourrait quand même comprendre le message.

Défis pour un accord mondial

Créer des graphiques de santé universels n’est pas facile. La culture façonne la façon dont nous voyons les images. Dans certaines régions, les hiboux symbolisent la sagesse ; dans d’autres, ils représentent la malchance. Même le langage corporel varie. Un pouce levé est positif en Occident, mais offensant dans certaines parties du Moyen-Orient.

Les designers font également face à des obstacles pratiques :

  • Coût – Qui paie pour la création et la diffusion de ces images ?
  • Mises à jour – Les directives médicales changent. Les graphiques sur les traitements ou les maladies doivent rester à jour.
  • Adaptation locale – Certaines zones pourraient avoir besoin de modifier les symboles. Par exemple, une icône « eau potable » pourrait montrer un robinet dans les villes, mais un puits dans les villages.

Histoires de réussite : ce qui fonctionne déjà

Certains groupes ont déjà fait des progrès. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) utilise des icônes standardisées pour les épidémies. Une ligne en zigzag au-dessus de la tête d’une personne signifie « fièvre ». Un symbole de goutte d’eau avertit des infections transmises par l’eau.

En Inde, le symbole de la « Croix-Rouge » était mal compris par les villageois qui associaient la croix à la religion. Les travailleurs de la santé ont opté pour un simple signe plus (+) pour l’aide médicale. Ce petit changement a amélioré la reconnaissance.

Les applications mobiles comme les traqueurs de COVID-19 utilisent également des visuels communs. Une flèche montante indique une augmentation des cas ; une coche verte montre le statut vaccinal. Ces designs franchissent les barrières linguistiques.

Comment les graphiques de santé universels pourraient-ils fonctionner ?

Pour construire un ensemble mondial d’infographies de santé, les experts suggèrent :

  1. Collaborer largement – Inclure des designers, des médecins et des leaders communautaires de différentes régions.
  2. Se concentrer d’abord sur les urgences – Commencer par des symboles pour les pandémies, les catastrophes naturelles ou les premiers secours.
  3. Utiliser des outils numériques – Les applications et les sites web pourraient permettre aux utilisateurs de personnaliser les graphiques tout en gardant les symboles de base cohérents.
  4. Éduquer le public – Enseigner aux gens ce que signifient les nouveaux symboles à travers les écoles, les médias et les campagnes de santé.

Conclusion

Les infographies de santé universelles ne résoudront pas tous les problèmes de communication. Mais elles pourraient réduire les malentendus mortels. Tout comme les emojis nous permettent d’envoyer un smiley ou un pouce levé à travers les cultures, les images de santé standardisées pourraient un jour sauver des vies.

La prochaine fois que vous verrez une affiche de santé publique, demandez-vous : un étranger d’un autre pays comprendrait-il cela ? Si ce n’est pas le cas, il est temps de repenser la façon dont nous partageons des informations vitales.

À des fins éducatives uniquement.
10.1097/CM9.0000000000000549

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