Pourquoi mon enfant a-t-il un taux de cholestérol si élevé ?

Pourquoi mon enfant a-t-il un taux de cholestérol si élevé ? Une découverte génétique qui change tout

Vous avez peut-être entendu parler du cholestérol élevé chez les adultes. Mais saviez-vous que les enfants peuvent aussi en souffrir ? Imaginez un enfant de 2 ans avec des taux de cholestérol extrêmement élevés. Comment est-ce possible ? Une histoire récente montre comment une combinaison de tests génétiques a permis de découvrir une cause rare et complexe.

Une histoire qui intrigue

Une petite fille de 31 mois a été examinée pour des excroissances jaunâtres sur la peau, appelées xanthomes. Ces excroissances, mesurant entre 0,3 et 1,5 cm, étaient présentes sur ses doigts, poignets, coudes, fesses et genoux. Bien que sa taille et son poids soient normaux, ses analyses sanguines ont révélé des taux de cholestérol alarmants. Son cholestérol total était de 23,88 mmol/L (la normale est inférieure à 5,18 mmol/L), et son LDL-C (le « mauvais » cholestérol) était de 17,94 mmol/L (la normale est inférieure à 3,37 mmol/L).

Ses parents avaient aussi des taux de cholestérol élevés, mais bien moins graves. Le père avait un cholestérol total de 7,17 mmol/L et un LDL-C de 4,1 mmol/L. La mère avait un cholestérol total de 8,15 mmol/L et un LDL-C de 3,69 mmol/L. Aucun des deux n’avait de xanthomes ou de problèmes cardiaques. Cette différence entre l’enfant et ses parents a suscité des questions.

Une enquête génétique

Pour comprendre cette situation, les médecins ont utilisé deux techniques génétiques : le séquençage de nouvelle génération (NGS) et l’amplification dépendante de ligation de sondes multiples (MLPA).

Le séquençage de nouvelle génération (NGS)

Le NGS est une méthode qui permet de lire l’ADN avec une grande précision. Chez cette petite fille, le NGS a révélé une mutation dans le gène LDLR (récepteur des lipoprotéines de basse densité). Cette mutation, héritée du père, provoque une perturbation dans la production d’une protéine essentielle pour éliminer le cholestérol. Cependant, cette mutation seule ne pouvait pas expliquer la gravité des symptômes de l’enfant.

Les médecins ont alors remarqué quelque chose d’inhabituel dans les données du NGS : une diminution de la couverture des lectures dans les exons 13 et 14 du gène LDLR. Cela suggérait une possible délétion (perte d’une partie de l’ADN) dans cette région.

L’amplification dépendante de ligation de sondes multiples (MLPA)

Pour confirmer cette suspicion, les médecins ont utilisé la technique MLPA. Cette méthode permet de détecter des variations dans le nombre de copies d’une partie de l’ADN. Les résultats ont confirmé une délétion hétérozygote (une copie manquante) dans les exons 13 et 14 du gène LDLR chez l’enfant et sa mère. Le père n’avait pas cette délétion.

Un diagnostic qui change tout

La petite fille avait hérité de deux mutations différentes :

  1. Une mutation ponctuelle du père dans l’exon 4 du gène LDLR.
  2. Une délétion de la mère dans les exons 13 et 14 du même gène.

Cette combinaison de mutations, appelée hétérozygotie composite, a changé le diagnostic. Au lieu d’une hypercholestérolémie familiale hétérozygote (HeFH), une forme généralement moins grave, l’enfant souffrait d’une hypercholestérolémie familiale homozygote (HoFH). Cette forme est beaucoup plus sévère et nécessite un traitement précoce et agressif.

Pourquoi cette découverte est-elle importante ?

Le NGS est un outil puissant, mais il a des limites pour détecter certaines variations génétiques, comme les délétions ou duplications de grandes parties de l’ADN. Dans ce cas, sans la technique MLPA, les médecins auraient manqué la délétion maternelle et auraient mal classé la maladie.

De plus, les symptômes de l’HeFH sévère et de l’HoFH peuvent se chevaucher. Certains patients avec une HeFH ont des taux de LDL-C très élevés, similaires à ceux de l’HoFH. Seul un test génétique complet peut faire la différence.

Ce que cela signifie pour les familles

Cette histoire montre l’importance de tester les parents et l’enfant ensemble. Cela permet de détecter des mutations héritées ou nouvelles. Elle souligne aussi la nécessité d’utiliser des techniques complémentaires comme le MLPA pour identifier des variations complexes.

Pour les enfants atteints d’HoFH, un traitement précoce est crucial. Cela peut inclure des techniques comme l’aphérèse des LDL (un processus qui filtre le cholestérol du sang) ou des médicaments spécifiques.

En conclusion

Cette découverte génétique illustre comment une combinaison de tests peut révéler des causes rares de maladies. Elle montre aussi l’importance de ne pas se fier à un seul test pour poser un diagnostic. En comprenant mieux les causes génétiques, les médecins peuvent offrir des traitements plus adaptés et améliorer la vie des patients.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001224
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