Pourquoi les personnes vivant avec le VIH ont-elles un risque accru de problèmes de cholestérol ?
Les traitements antirétroviraux (ART) ont transformé la vie des personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Cependant, ces traitements peuvent aussi causer des problèmes de santé, comme des anomalies du cholestérol. Ces anomalies augmentent le risque de maladies cardiovasculaires. Pourquoi cela arrive-t-il et comment peut-on réduire ce risque ?
Une étude révèle des faits surprenants
Une étude menée à Shenzhen, en Chine, a suivi plus de 7 600 personnes vivant avec le VIH pendant trois ans. L’objectif était de comprendre comment les niveaux de cholestérol évoluent avec le temps et quels sont les facteurs de risque. Les résultats montrent que certains traitements antirétroviraux ont un impact plus fort sur le cholestérol que d’autres.
Qui a participé à l’étude ?
L’étude a inclus des adultes qui n’avaient jamais suivi de traitement antirétroviral auparavant. Ils avaient tous un diagnostic confirmé de VIH et avaient suivi un traitement pendant au moins trois mois. Les personnes atteintes de cancer, de maladies auto-immunes ou d’infections actives ont été exclues de l’étude.
Les traitements étudiés
Les participants ont reçu l’un des quatre traitements suivants :
- Ténofovir disoproxil fumarate (TDF) + lamivudine (3TC) + éfavirenz (EFV).
- TDF + 3TC + lopinavir/ritonavir (LPV/r).
- Zidovudine (AZT) + 3TC + EFV.
- AZT + 3TC + LPV/r.
Le traitement le plus utilisé était TDF + 3TC + EFV (87,6 % des participants).
Les niveaux de cholestérol au départ
Au début de l’étude, les niveaux moyens de cholestérol total (TC), de cholestérol HDL (le « bon » cholestérol) et de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) étaient dans les limites normales. Cependant, les personnes plus âgées, en surpoids ou obèses avaient des niveaux de cholestérol plus élevés.
Évolution des anomalies du cholestérol
Après trois mois de traitement, les niveaux de triglycérides (TG) ont augmenté dans tous les groupes. Cependant, les taux d’hypertriglycéridémie (TG ≥1,70 mmol/L) ont diminué avec le temps chez les personnes sous TDF + 3TC + EFV, TDF + 3TC + LPV/r et AZT + 3TC + LPV/r. En revanche, ils ont augmenté chez celles sous AZT + 3TC + EFV.
Le taux d’hypercholestérolémie (TC ≥5,20 mmol/L) a augmenté dans tous les groupes après le début du traitement. Le traitement AZT + 3TC + LPV/r a montré le taux le plus élevé (28,2 %).
Le taux de cholestérol LDL élevé (LDL-C ≥3,37 mmol/L) a également augmenté chez les personnes sous AZT + 3TC + LPV/r, AZT + 3TC + EFV et TDF + 3TC + LPV/r. En revanche, il est resté bas chez celles sous TDF + 3TC + EFV.
Le taux de cholestérol HDL bas (HDL-C <1,04 mmol/L) a diminué chez les personnes sous TDF + 3TC + LPV/r et TDF + 3TC + EFV, mais a augmenté chez celles sous AZT + 3TC + EFV.
Les facteurs de risque
L’analyse a identifié plusieurs facteurs de risque pour les anomalies du cholestérol :
- Les traitements TDF + 3TC + LPV/r, AZT + 3TC + EFV et AZT + 3TC + LPV/r étaient associés à un risque plus élevé d’anomalies du cholestérol par rapport à TDF + 3TC + EFV.
- Le sexe féminin, l’âge avancé, le surpoids et l’obésité étaient des facteurs de risque indépendants pour un cholestérol total élevé.
- Le sexe masculin, l’âge avancé, le surpoids et l’obésité étaient des facteurs de risque pour des triglycérides élevés.
- Le surpoids et l’obésité étaient des facteurs de risque pour un cholestérol HDL bas.
- La durée du traitement antirétroviral était également un facteur de risque indépendant pour les anomalies du cholestérol.
Pourquoi ces résultats sont-ils importants ?
Cette étude montre que le choix du traitement antirétroviral peut influencer les niveaux de cholestérol. Le traitement TDF + 3TC + EFV semble avoir un impact moins négatif sur le cholestérol que les autres traitements étudiés. Cela pourrait être une option préférable pour les personnes vivant avec le VIH qui ont des problèmes de cholestérol ou des risques cardiovasculaires.
Comment réduire les risques ?
En plus de choisir le bon traitement, il est important de gérer les facteurs de risque modifiables. Cela inclut :
- Maintenir un poids santé.
- Adopter une alimentation équilibrée.
- Faire de l’exercice régulièrement.
- Surveiller régulièrement les niveaux de cholestérol.
Conclusion
Les anomalies du cholestérol sont un problème courant chez les personnes vivant avec le VIH sous traitement antirétroviral. Le choix du traitement et la gestion des facteurs de risque peuvent aider à réduire ces risques. Une surveillance régulière et une approche globale sont essentielles pour optimiser la santé à long terme.
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doi.org/10.1097/CM9.0000000000001245