Pourquoi les patients diabétiques chinois sont-ils à si haut risque de maladies cardiaques ?
Les maladies cardiaques sont la principale cause de décès dans le monde, et pour les personnes atteintes de diabète de type 2 (DT2), le risque est encore plus élevé. En Chine, où le diabète est une épidémie croissante, comprendre le risque de maladies cardiaques chez les patients diabétiques est crucial. Une étude récente met en lumière ce problème, révélant des tendances alarmantes et offrant des pistes pour mieux gérer ce risque.
Le lien entre diabète et maladies cardiaques
Le diabète et les maladies cardiaques vont souvent de pair. Les personnes atteintes de DT2 ont deux à quatre fois plus de risques de problèmes cardiaques que celles sans diabète. Cela s’explique par le fait que le diabète peut endommager les vaisseaux sanguins et les nerfs, conduisant à des conditions comme l’athérosclérose (rétrécissement des artères), ce qui augmente le risque de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux.
La Chine compte le plus grand nombre de cas de diabète au monde, rendant cette question particulièrement urgente. Le fardeau économique et sanitaire des maladies cardiaques dans cette population est énorme. Comprendre les risques spécifiques auxquels sont confrontés les patients diabétiques chinois est essentiel pour développer des stratégies de prévention et de traitement efficaces.
Comment l’étude a-t-elle été menée ?
L’étude a analysé les données de 25 411 patients chinois atteints de DT2. Ces patients faisaient partie de l’étude China Cardiometabolic Registries 3B et ont été recrutés dans des hôpitaux à travers le pays. Les chercheurs ont utilisé les directives 2019 de la Société européenne de cardiologie (ESC) et de l’Association européenne pour l’étude du diabète (EASD) pour classer les patients dans différentes catégories de risque de maladies cardiaques : risque très élevé, risque élevé, risque modéré et risque incertain.
Les catégories de risque étaient basées sur des facteurs tels que l’âge, la durée du diabète, l’obésité, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie et le tabagisme. Les patients atteints de maladies cardiaques existantes ou de dommages aux organes comme les reins étaient également considérés comme à haut risque.
Qu’a révélé l’étude ?
Les résultats étaient frappants. Près des deux tiers (65,6 %) des patients ont été classés comme étant à « très haut risque » de maladies cardiaques. Un autre 7,5 % étaient dans la catégorie « risque élevé », tandis que seulement 0,6 % étaient à « risque modéré ». Une proportion significative de patients (26,4 %) se trouvaient dans la catégorie « risque incertain », ce qui signifie qu’ils ne correspondaient pas clairement aux groupes prédéfinis.
Groupe à très haut risque
Les patients du groupe à très haut risque étaient plus âgés, avec un âge moyen de 65,8 ans, et vivaient avec le diabète depuis environ 9 ans en moyenne. La plupart d’entre eux (62 %) étaient en surpoids ou obèses, et près de 80 % avaient trois facteurs de risque majeurs ou plus, comme l’hypertension ou l’hypercholestérolémie. Environ 40 % de ces patients avaient un diabète depuis plus de 10 ans.
Groupe à haut risque
Le groupe à haut risque était légèrement plus jeune, avec un âge moyen de 61,4 ans, mais avait une durée moyenne de diabète plus longue de 14,4 ans. Environ 46 % étaient en surpoids ou obèses, et la plupart avaient un ou deux facteurs de risque supplémentaires.
Groupe à risque modéré
Les patients du groupe à risque modéré étaient beaucoup plus jeunes, avec un âge moyen de 42,5 ans, et vivaient avec le diabète depuis seulement environ 3 ans. Ce groupe avait les taux les plus bas d’obésité et d’autres facteurs de risque.
Groupe à risque incertain
Le groupe à risque incertain comprenait des patients d’un âge moyen de 55,3 ans et une durée de diabète d’environ 4 ans. La plupart d’entre eux avaient un ou deux facteurs de risque, ce qui rendait difficile leur classification dans les autres catégories.
Qui est le plus à risque ?
L’étude a révélé que certains groupes étaient plus susceptibles d’être à très haut risque de maladies cardiaques :
- Personnes âgées : Les patients de 65 ans et plus étaient plus susceptibles d’appartenir à la catégorie à très haut risque.
- Hommes : Les hommes avaient une prévalence plus élevée de très haut risque (71,3 %) par rapport aux femmes (60,5 %).
- Personnes obèses : Près de 90 % des patients obèses étaient classés comme à très haut risque.
- Patients diabétiques de longue date : Plus une personne vivait avec le diabète, plus son risque était élevé. Par exemple, 86 % des patients diabétiques depuis 20 ans ou plus étaient dans le groupe à très haut risque.
Pourquoi est-ce important ?
Les résultats soulignent le besoin urgent d’une meilleure gestion du risque de maladies cardiaques chez les patients diabétiques chinois. La plupart des patients sont déjà à très haut risque au moment du diagnostic, et beaucoup ont plusieurs facteurs de risque qui doivent être traités simultanément.
Gérer ces risques nécessite une approche globale, incluant le contrôle de la glycémie, la réduction de la pression artérielle, la baisse du cholestérol et le maintien d’un poids santé. Pour les patients du groupe à très haut risque, des traitements plus intensifs peuvent être nécessaires.
Quels sont les défis ?
L’un des plus grands défis est le nombre important de patients dans la catégorie « risque incertain ». Ces patients ne correspondent pas clairement aux groupes de risque existants, ce qui rend plus difficile la détermination de la meilleure approche. L’étude suggère que le système actuel de classification des risques pourrait devoir être affiné pour mieux tenir compte des caractéristiques uniques des patients diabétiques chinois.
Une autre limite de l’étude est qu’elle ne fournit qu’un instantané du risque des patients à un moment donné. Elle ne montre pas comment leur risque pourrait évoluer avec le temps ou comment différents traitements pourraient affecter leurs résultats. Les études futures devraient se concentrer sur le suivi des patients sur le long terme pour mieux comprendre ces dynamiques.
Que peut-on faire ?
L’étude souligne l’importance d’une intervention précoce. Même les patients plus jeunes et ceux récemment diagnostiqués sont à risque et devraient être surveillés de près. Les changements de mode de vie, comme une alimentation saine, l’exercice régulier et l’arrêt du tabac, peuvent faire une grande différence.
Pour les prestataires de soins de santé, les résultats mettent en évidence la nécessité de plans de traitement personnalisés. Les patients avec plusieurs facteurs de risque peuvent nécessiter une gestion plus agressive, tandis que ceux à risque modéré devraient tout de même recevoir des bilans de santé réguliers pour empêcher leur état de s’aggraver.
Conclusion
Cette étude dresse un tableau clair du risque de maladies cardiaques chez les patients chinois atteints de diabète de type 2. La forte prévalence de patients à très haut et haut risque appelle à une action urgente. En améliorant l’évaluation des risques et en adaptant les traitements aux besoins individuels, les prestataires de soins de santé peuvent aider à réduire le fardeau des maladies cardiaques dans cette population vulnérable.
À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000001741