Pourquoi l’arthrite psoriasique nuit-elle à votre cœur ?

Pourquoi l’arthrite psoriasique nuit-elle à votre cœur ? Le lien silencieux que vous devez connaître

L’arthrite psoriasique (APs) ne se limite pas à des douleurs articulaires et des éruptions cutanées. Pour les millions de personnes vivant avec cette maladie, il existe un danger caché : un risque accru de maladies cardiaques. Les chercheurs savent désormais que l’inflammation chronique, une caractéristique de l’APs, ne s’attaque pas seulement à la peau et aux articulations—elle peut également endommager les vaisseaux sanguins et le cœur. Mais comment ? Décortiquons ce que la science révèle sur ce lien surprenant et ce que cela signifie pour les patients.


Le lien entre l’inflammation et le cœur

L’APs est une maladie auto-immune où le système de défense de l’organisme attaque par erreur les tissus sains, provoquant un gonflement des articulations, des plaques cutanées et de la fatigue. Mais cette inflammation ne reste pas localisée. Des substances chimiques comme le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α) et l’interleukine-6 (IL-6) inondent la circulation sanguine, endommageant les vaisseaux sanguins au fil du temps.

Imaginez vos vaisseaux sanguins comme des autoroutes lisses. L’inflammation chronique agit comme des nids-de-poule, abîmant la paroi interne (endothélium) et permettant au cholestérol et à d’autres débris de s’y accumuler. Cette accumulation, appelée athérosclérose, rétrécit les artères et augmente le risque de crises cardiaques ou d’accidents vasculaires cérébraux. Des études montrent que les patients atteints d’APs ont des parois artérielles plus épaisses et plus de plaque que les personnes en bonne santé—même s’ils ne présentent pas de facteurs de risque cardiaque classiques comme un taux de cholestérol élevé.


Pourquoi les patients atteints d’APs sont plus exposés aux risques cardiaques

  1. Des déclencheurs communs : L’APs et les maladies cardiaques partagent des racines inflammatoires. Des protéines comme la protéine C-réactive (CRP), qui augmentent lors des poussées d’APs, prédisent également des problèmes cardiaques.
  2. Le désordre métabolique : Jusqu’à 40 % des patients atteints d’APs souffrent du syndrome métabolique—un mélange d’hypertension artérielle, de glycémie élevée et de graisse abdominale. Les cellules graisseuses libèrent des hormones nocives (adipokines) qui aggravent l’inflammation et la résistance à l’insuline.
  3. Les effets secondaires des médicaments : Certains médicaments utilisés pour l’APs, comme les stéroïdes, peuvent augmenter la tension artérielle ou le cholestérol. Même les analgésiques courants (AINS) peuvent solliciter le cœur s’ils sont utilisés à long terme.

Des indices cachés dans le sang

Les médecins étudient des biomarqueurs pour détecter précocement les risques cardiaques chez les patients atteints d’APs. Une protéine, YKL-40, liée aux dommages des vaisseaux sanguins, est souvent élevée dans l’APs. Un autre indice : de faibles niveaux de lipoprotéines de haute densité (HDL), le « bon » cholestérol qui nettoie les artères. Les patients atteints d’APs ont tendance à avoir un HDL plus bas, mais les niveaux s’améliorent avec le traitement, suggérant que la gestion de l’inflammation aide le cœur.


Traiter l’APs peut-il protéger le cœur ?

Bien qu’il n’existe pas de remède contre l’APs, contrôler l’inflammation pourrait réduire les risques cardiaques. Voici ce que dit la recherche sur les thérapies courantes :

  • Les anti-TNF (par exemple, infliximab) : Ils bloquent le TNF-α, un facteur clé de l’inflammation. Des études montrent qu’ils peuvent réduire le risque de crise cardiaque en calmant l’inflammation des vaisseaux sanguins.
  • Les inhibiteurs de l’IL-17 (par exemple, sécukinumab) : Ces nouveaux médicaments ciblent l’IL-17, une autre protéine inflammatoire. Les premières données suggèrent qu’ils n’affectent pas le cholestérol ou la glycémie.
  • Les inhibiteurs de JAK (par exemple, tofacitinib) : Ces comprimés bloquent les signaux immunitaires mais peuvent augmenter les risques de coagulation chez certains patients.

Cependant, les médicaments plus anciens comme le méthotrexate ont des effets mitigés. Bien qu’ils soulagent les symptômes articulaires, une utilisation à long terme peut endommager le foie ou les reins.


Les changements de mode de vie comptent

Les médicaments ne suffisent pas à eux seuls. Des mesures simples peuvent réduire les risques cardiaques :

  • Arrêter de fumer : Le tabagisme aggrave l’inflammation et les dommages artériels.
  • Bouger plus : L’exercice réduit l’inflammation et améliore la circulation sanguine. Même 30 minutes de marche quotidienne aident.
  • Manger des aliments anti-inflammatoires : Privilégiez le poisson, les noix et les légumes colorés. Évitez les aliments sucrés ou transformés qui font monter la glycémie.

Ce que les patients doivent demander à leur médecin

  1. « Devrais-je passer un scanner cardiaque pour vérifier la présence de plaque ? »
  2. « Mes médicaments affectent-ils mon cholestérol ou ma tension artérielle ? »
  3. « À quelle fréquence dois-je surveiller ma santé cardiaque ? »

En résumé

L’APs n’est pas seulement une maladie articulaire—c’est une affection qui touche tout le corps. En traitant l’inflammation tôt et en adoptant des habitudes saines pour le cœur, les patients peuvent protéger à la fois leurs articulations et leur cœur. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, une chose est claire : gérer l’APs va au-delà de la peau et des os.

À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000001215

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