Pourquoi et comment passer à TAF/FTC/BIC pour les patients vivant avec le VIH ?

Pourquoi et comment passer à TAF/FTC/BIC pour les patients vivant avec le VIH ?

Vivre avec le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) est aujourd’hui bien plus facile grâce aux traitements antirétroviraux. Cependant, ces traitements ne sont pas sans effets secondaires. Perte de densité osseuse, problèmes hépatiques, changements métaboliques… Ces complications peuvent rendre la vie quotidienne difficile et affecter l’observance du traitement. Alors, comment améliorer la qualité de vie des patients tout en gardant le virus sous contrôle ? Une solution récente, le TAF/FTC/BIC, semble offrir une alternative prometteuse. Mais pourquoi passer à ce traitement et quels sont ses avantages et inconvénients ?

Les défis des traitements actuels

En Chine, le programme national de traitement antirétroviral gratuit recommande une combinaison de médicaments pour contrôler le VIH. Ces traitements, bien qu’efficaces, ne sont pas parfaits. Beaucoup de patients souffrent d’effets secondaires à long terme. Par exemple, certains médicaments peuvent affaiblir les os, endommager le foie ou perturber le métabolisme des graisses. Ces problèmes poussent les médecins et les patients à chercher des alternatives plus sûres et plus faciles à suivre.

Qu’est-ce que le TAF/FTC/BIC ?

Le TAF/FTC/BIC est une combinaison de trois médicaments en un seul comprimé. Il simplifie le traitement en réduisant le nombre de pilules à prendre chaque jour. Depuis son inclusion dans la liste des médicaments remboursés en Chine en 2021, de plus en plus de patients passent à ce nouveau régime. Mais pourquoi ce changement et quels sont ses effets réels ?

Pourquoi passer au TAF/FTC/BIC ?

Une étude menée à l’hôpital de Beijing Ditan a analysé les raisons pour lesquelles 1684 patients ont choisi de passer au TAF/FTC/BIC. Voici les principales motivations :

  1. Simplification du traitement (58,79 %) : Prendre moins de pilules chaque jour rend le traitement plus facile à suivre.
  2. Problèmes osseux (22,27 %) : Certains patients souffraient d’ostéoporose (affaiblissement des os) ou d’ostéopénie (perte de densité osseuse).
  3. Problèmes hépatiques (13,72 %) : Des troubles du foie liés aux traitements précédents ont poussé à changer.
  4. Difficultés alimentaires (12,77 %) : Certains médicaments doivent être pris avec de la nourriture, ce qui n’est pas toujours pratique.
  5. Échec virologique (6,89 %) : Chez certains patients, le virus n’était plus suffisamment contrôlé.
  6. Problèmes rénaux (5,34 %) : Les reins étaient affectés par les traitements précédents.
  7. Effets secondaires neurologiques (2,79 %) : Certains patients souffraient de troubles du système nerveux central.
  8. Dyslipidémie (1,78 %) : Des anomalies des graisses dans le sang ont motivé le changement.

Ces raisons ne sont pas exclusives. Souvent, plusieurs facteurs ont influencé la décision de changer de traitement.

Efficacité du TAF/FTC/BIC

Le TAF/FTC/BIC a montré une grande efficacité pour contrôler le VIH. Parmi les patients dont la charge virale (quantité de virus dans le sang) était élevée au début de l’étude, tous ont vu leur charge virale devenir indétectable après 12 mois de traitement. Cela montre que ce nouveau régime est très puissant pour supprimer le virus.

Impact sur la santé

Profil lipidique (graisses dans le sang)

Les effets du TAF/FTC/BIC sur les graisses dans le sang varient selon le traitement précédent. Chez les patients qui prenaient des médicaments de type NNRTI (non-nucléosidiques inhibiteurs de la transcriptase inverse), les niveaux de triglycérides (TG), de cholestérol total (TC) et de LDL (mauvais cholestérol) ont augmenté après un an de traitement. En revanche, le HDL (bon cholestérol) a diminué. Cela suggère un risque accru de problèmes cardiovasculaires pour ces patients.

En revanche, chez les patients qui prenaient des inhibiteurs de protéase boostés (comme le lopinavir/ritonavir), les niveaux de cholestérol total ont diminué et le HDL a augmenté. Les TG et le LDL ont également montré une tendance à la baisse. Cela indique que le TAF/FTC/BIC peut améliorer le profil lipidique pour ces patients.

Densité osseuse

La densité osseuse a été mesurée par des scanners DXA (absorptiométrie à rayons X en double énergie) de la colonne vertébrale et des hanches. Bien qu’il n’y ait pas eu d’amélioration significative de la densité osseuse, une tendance à l’amélioration a été observée dans la colonne vertébrale après un an de traitement. Cela confirme que le TAF/FTC/BIC est moins nocif pour les os que certains autres traitements.

Fonctions hépatique et rénale

Le TAF/FTC/BIC a montré des effets bénéfiques sur le foie et les reins. Les niveaux d’ALT et d’AST (marqueurs de la fonction hépatique) se sont améliorés, tout comme le taux de filtration glomérulaire estimé (eGFR) et la créatinine sérique (marqueurs de la fonction rénale). Cela en fait une option intéressante pour les patients ayant des problèmes hépatiques ou rénaux.

Conclusion

Le passage au TAF/FTC/BIC offre une alternative efficace et sûre pour les patients vivant avec le VIH. La simplification du traitement est la principale raison de ce changement, suivi des préoccupations liées à la santé des os, du foie et d’autres effets secondaires. Ce nouveau régime contrôle bien le virus et a des effets positifs sur la densité osseuse et les fonctions hépatique et rénale. Cependant, il peut aggraver le profil lipidique chez certains patients, nécessitant une surveillance régulière des facteurs de risque cardiovasculaire. Cette étude apporte des preuves cliniques précieuses pour soutenir l’utilisation du TAF/FTC/BIC en Chine.

For educational purposes only.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000002939

Laisser un commentaire 0

Your email address will not be published. Required fields are marked *