Pourquoi certains patients COVID-19 restent-ils positifs après leur rétablissement ?
Depuis son apparition en décembre 2019, le virus SARS-CoV-2 a infecté plus de 2,4 milliards de personnes dans le monde, causant plus de 4,9 millions de décès. Alors que la plupart des patients se rétablissent après une infection, certains continuent à montrer des résultats positifs au test du virus, même des semaines après leur guérison. Pourquoi cela se produit-il ? Une étude récente a utilisé une technique appelée séquençage de l’ARN à l’échelle d’une seule cellule (scRNA-seq) pour explorer ce phénomène.
Le mystère des tests positifs récurrents
Après une infection au COVID-19, la plupart des patients deviennent négatifs au test du virus dans les semaines qui suivent leur rétablissement. Cependant, une méta-analyse portant sur 5182 patients convalescents a révélé que 12 % d’entre eux restaient positifs un mois après leur sortie de l’hôpital, et certains même deux mois plus tard. Pour comprendre ce phénomène, les chercheurs ont étudié les cellules immunitaires d’un patient convalescent qui a montré des résultats positifs récurrents au test du virus.
Une plongée dans le système immunitaire
Les chercheurs ont utilisé des échantillons de cellules sanguines (PBMC) pour analyser les réponses immunitaires au niveau moléculaire. Ils ont découvert que chez les patients modérément atteints, les cellules T (un type de globules blancs) responsables de la destruction des cellules infectées étaient plus actives. En revanche, chez les patients gravement malades, un autre type de globules blancs, les plasmablastes, ainsi qu’un sous-groupe de neutrophiles (d’autres cellules immunitaires), étaient plus nombreux.
Les cellules B en question
Les cellules B, qui produisent des anticorps pour combattre le virus, jouent un rôle clé dans la réponse immunitaire. Chez les patients rétablis, ces cellules étaient plus nombreuses et montraient des changements dans leurs récepteurs (BCR), ce qui leur permettait de mieux reconnaître le virus. Cependant, chez le patient avec des résultats positifs récurrents, les cellules B étaient moins nombreuses et moins fonctionnelles. En particulier, les cellules B immatures, qui deviennent normalement des cellules B matures capables de produire des anticorps, étaient beaucoup moins présentes.
Des récepteurs moins efficaces
Les chercheurs ont également analysé les récepteurs des cellules B (BCR) pour comprendre comment elles reconnaissent le virus. Chez le patient récurrent, ces récepteurs étaient moins variés et moins efficaces pour se lier au virus. Cela pourrait expliquer pourquoi le virus persistait dans son organisme. De plus, les niveaux d’anticorps dirigés contre certaines parties du virus (comme la protéine S1S2) étaient plus bas chez ce patient.
Les mécanismes sous-jacents
Pour approfondir leurs découvertes, les chercheurs ont analysé les gènes activés dans les cellules B. Ils ont constaté que certaines voies de signalisation importantes pour l’activation des cellules B, comme la voie NF-kB, étaient moins actives chez le patient récurrent. Cela pourrait expliquer pourquoi ses cellules B étaient moins nombreuses et moins efficaces pour combattre le virus.
Conclusion
En résumé, cette étude montre que chez certains patients COVID-19, le système immunitaire, en particulier les cellules B, peut ne pas fonctionner correctement après l’infection. Cela pourrait expliquer pourquoi ils continuent à montrer des résultats positifs au test du virus, même après leur rétablissement. Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles recherches pour mieux comprendre et traiter ces cas particuliers.
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doi.org/10.1097/CM9.0000000000001956