Pourquoi certaines personnes luttent-elles plus avec leur glycémie malgré un régime ? Le rôle surprenant de la génétique

Pourquoi certaines personnes luttent-elles plus avec leur glycémie malgré un régime ? Le rôle surprenant de la génétique

Vous avez essayé de réduire les calories, de remplacer les collations sucrées par des légumes et de vous en tenir à des portions plus petites. Mais votre glycémie (la quantité de sucre dans votre sang) n’est toujours pas là où elle devrait être. Cela vous semble familier ? Pour des millions d’adultes en surpoids ou obèses, perdre du poids ressemble à une bataille difficile—et les améliorations du contrôle de la glycémie ne suivent pas toujours, même avec un régime strict. Les scientifiques se demandent depuis longtemps : Nos gènes pourraient-ils expliquer pourquoi certaines personnes obtiennent de meilleurs résultats que d’autres ?

Un nombre croissant de recherches suggère que de minuscules différences dans notre ADN pourraient influencer la façon dont notre corps réagit aux changements de régime. Un gène en particulier, appelé FTO (souvent surnommé le « gène de l’obésité »), a attiré l’attention. Une variation spécifique de ce gène, connue sous le nom de rs9939609, a été liée à un poids corporel plus élevé et à des problèmes de glycémie. Mais cette différence génétique affecte-t-elle réellement la façon dont les gens réagissent aux régimes hypocaloriques ? Une analyse récente de neuf études cliniques a cherché à répondre à cette question.


Le gène FTO et la perte de poids : quel est le lien ?

Les gènes sont comme des manuels d’instructions pour notre corps. Le gène FTO joue un rôle dans la régulation de l’appétit, de l’utilisation de l’énergie et du stockage des graisses. Les personnes porteuses de certaines versions de ce gène—spécifiquement celles ayant une variante « A » (génotypes AA ou AT)—ont tendance à peser plus et à avoir plus de mal à gérer leur glycémie par rapport à celles ayant la variante « T » (génotype TT). Mais cette différence génétique change-t-elle la façon dont le corps réagit au régime ?

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont analysé des études dans lesquelles des adultes en surpoids ou obèses suivaient des régimes hypocaloriques. Ces régimes variaient—certains se concentraient sur des repas pauvres en graisses, d’autres sur des plans pauvres en glucides—mais tous visaient à réduire le total des calories. L’objectif était de voir si les personnes ayant les versions AA/AT du gène FTO voyaient des changements différents dans leur glycémie, leur insuline (l’hormone qui contrôle la glycémie) ou leur résistance à l’insuline (lorsque les cellules répondent moins bien à l’insuline) par rapport à celles ayant la version TT.


Qu’ont révélé les études ?

Après avoir examiné plus de 1 400 études, les chercheurs ont concentré leur attention sur neuf essais de haute qualité impliquant près de 2 800 participants. Voici ce qui ressort :

  1. Niveaux de glycémie : pas d’avantage génétique
    En comparant les personnes ayant les gènes AA/AT à celles ayant les gènes TT, il n’y avait aucune différence significative dans l’amélioration de leur glycémie à jeun (FBS) après le régime. Les deux groupes ont vu des baies similaires des niveaux de glycémie, suggérant que la variante du gène FTO n’influence pas fortement ce résultat.

  2. Résistance à l’insuline : un écart faible mais incertain
    La résistance à l’insuline, mesurée par un test appelé HOMA-IR (Homeostasis Model Assessment of Insulin Resistance), s’est légèrement plus améliorée chez les personnes ayant les gènes AA/AT. Cependant, cette différence était trop faible pour être statistiquement significative. En d’autres termes, elle pourrait être due au hasard.

  3. Résultats mitigés pour les niveaux d’insuline
    Certaines études ont suggéré que les personnes ayant les gènes AA/AT avaient des niveaux d’insuline légèrement plus élevés après le régime par rapport aux individus TT. D’autres ont montré l’inverse. Cette incohérence rend difficile de tirer des conclusions claires.


Pourquoi les gènes ne racontent-ils pas toute l’histoire ?

Si le gène FTO affecte le poids et l’appétit, pourquoi n’a-t-il pas eu un impact plus important sur la glycémie pendant le régime ? Les experts pointent deux facteurs clés :

  1. Le pouvoir de la perte de poids
    Réduire les calories aide la plupart des gens à perdre du poids, quels que soient leurs gènes. La perte de poids elle-même améliore la sensibilité à l’insuline (la façon dont les cellules répondent à l’insuline) et le contrôle de la glycémie. Cet « effet général » pourrait masquer les différences génétiques subtiles.

  2. La diversité des régimes compte
    Les études utilisaient différents types de régimes hypocaloriques—certains pauvres en graisses, d’autres pauvres en glucides. La combinaison de nutriments (comme les protéines, les graisses et les glucides) dans ces plans pourrait avoir masqué les effets génétiques. Par exemple, un régime riche en protéines pourrait bénéficier davantage à un groupe génétique qu’à un autre, mais cela n’a pas été testé directement.


Limitations et questions futures

Bien que cette analyse fournisse des indices, elle présente des lacunes. La plupart des études ont duré moins de deux ans, ce qui rend incertain l’effet des gènes sur les résultats à long terme. Les participants variaient également en âge, en origine ethnique et en conditions de santé—des facteurs qui pourraient influencer les résultats. De plus, une seule étude a été jugée de « haute qualité » en raison de défauts comme un mauvais aveuglement (où les chercheurs savaient quel régime suivaient les participants, risquant un biais).

Les recherches futures devront répondre à :

  • Certains régimes (comme le méditerranéen ou le céto) fonctionnent-ils mieux pour des groupes génétiques spécifiques ?
  • Comment d’autres gènes interagissent-ils avec FTO pour influencer la glycémie ?
  • Les régimes personnalisés basés sur des tests ADN peuvent-ils améliorer les résultats ?

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Si vous luttez avec votre glycémie malgré un régime, ne blâmez pas encore vos gènes. Bien que la génétique joue un rôle dans le poids et le métabolisme, cette étude montre que les régimes hypocaloriques peuvent aider à améliorer la glycémie pour la plupart des gens, quel que soit leur type de gène FTO. Concentrez-vous sur des habitudes durables :

  • Privilégiez les aliments entiers comme les légumes, les protéines maigres et les céréales complètes.
  • Évitez les régimes draconiens, qui peuvent aggraver la résistance à l’insuline avec le temps.
  • Restez actif—l’exercice améliore la sensibilité à l’insuline même sans perte de poids.

Surtout, travaillez avec un professionnel de la santé pour créer un plan adapté à votre histoire médicale et à vos objectifs.


À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000617

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