Pourquoi Certaines Patient atteintes d’un Cancer du Sein Restent-elles Sans Cancer Plus Longtemps Après la Chimiothérapie ? L’Indice des Cellules Immunitaires

Pourquoi Certaines Patient atteintes d’un Cancer du Sein Restent-elles Sans Cancer Plus Longtemps Après la Chimiothérapie ? L’Indice des Cellules Immunitaires

Le cancer du sein n’est pas une maladie unique. Il se comporte différemment selon sa biologie. Le cancer du sein triple négatif (TNBC) est un type rare mais agressif. Il manque les marqueurs communs (comme les récepteurs hormonaux) qui guident le traitement. Pour de nombreuses patientes, la chimiothérapie avant la chirurgie (chimiothérapie néoadjuvante) réduit la taille des tumeurs. Mais même après la chimiothérapie, certaines tumeurs laissent derrière elles des cellules cancéreuses résiduelles. Ces patientes ont un risque plus élevé de récidive. Les médecins ont du mal à identifier qui a besoin d’un traitement supplémentaire pour prévenir la récidive. Les cellules immunitaires à l’intérieur de la tumeur pourraient-elles fournir des réponses ?


Le Défi de la Prédiction des Récidives

Après la chimiothérapie, environ 30 à 40 % des patientes atteintes de TNBC obtiennent une réponse pathologique complète (pCR)—aucune cellule cancéreuse visible ne reste. Ces patientes restent souvent sans cancer. Mais pour celles qui ont des cellules cancéreuses résiduelles, les résultats varient considérablement. Certaines récidivent en quelques mois ; d’autres restent en bonne santé pendant des années. Les outils actuels (comme la taille de la tumeur ou le statut des ganglions lymphatiques) ne sont pas assez précis pour guider des soins personnalisés. Surtraiter les patientes expose à des effets secondaires graves, tandis que sous-traiter augmente le risque de récidives mortelles.

En 2020, une étude chinoise a exploré un nouvel indice : les cellules immunitaires à l’intérieur des tumeurs résiduelles. Ces cellules, appelées lymphocytes infiltrant la tumeur (TILs, cellules immunitaires présentes dans les tumeurs), pourraient prédire la survie.


Les Cellules Immunitaires : Amies ou Ennemies dans les Tumeurs Résiduelles ?

Le système immunitaire patrouille constamment pour détecter les menaces. Dans le cancer, les cellules immunitaires peuvent attaquer les tumeurs—ou parfois les aider à se développer. Les TILs incluent plusieurs sous-types :

  • Cellules CD4+ : Cellules « auxiliaires » qui coordonnent les attaques immunitaires.
  • Cellules CD8+ : Cellules « tueuses » qui détruisent les cellules cancéreuses.
  • Cellules CD20+ : Cellules B qui produisent des anticorps.
  • Cellules CD68+ : Macrophages qui nettoient les débris (peuvent favoriser ou combattre le cancer).

Les chercheurs se sont demandé : Certains sous-types de TILs dans les tumeurs résiduelles peuvent-ils prédire la survie ?


L’Étude : Suivi des Cellules Immunitaires et de la Survie

Les scientifiques ont analysé 37 patientes atteintes de TNBC ayant des tumeurs résiduelles après la chimiothérapie. Toutes ont reçu une chimiothérapie standard avant la chirurgie. En utilisant des échantillons de tissus, ils ont mesuré les sous-types de TILs et suivi les patientes pendant plus de 4 ans. Principales découvertes :

  1. Des TILs CD4+ ou CD8+ élevés liés à une meilleure survie :

    • Les patientes avec un taux élevé de cellules CD4+ avaient un risque de récidive 85 % plus faible et un risque de décès 80 % plus faible.
    • Un taux élevé de cellules CD8+ réduisait le risque de récidive de 70 %.
  2. Des TILs CD20+ élevés liés à une survie plus mauvaise :
    Les patientes avec un taux faible de cellules CD20+ avaient un risque de décès 60 % plus faible.

  3. Les ratios de cellules immunitaires étaient les plus importants :
    Un ratio CD4+/CD20+ >1 signifiait un risque de récidive 90 % plus faible. Un ratio CD8+/CD20+ >1 réduisait le risque de décès de 75 %.

Les cellules CD68+ n’ont montré aucun schéma clair, probablement en raison de leurs rôles doubles.


Pourquoi Ces Cellules Immunitaires Sont-Elles Importantes ?

  • Les cellules CD4+ et CD8+ signalent une immunité anti-cancéreuse active. Elles pourraient maintenir les cellules résiduelles sous contrôle.
  • Les cellules CD20+ B pourraient accidentellement soutenir la croissance du cancer. Certaines études suggèrent qu’elles créent des protéines qui protègent les tumeurs.
  • Les ratios (comme CD4+/CD20+) pourraient montrer si les réponses immunitaires « bénéfiques » l’emportent sur les « néfastes ».

Cela correspond à des recherches antérieures. Par exemple, une étude de 2018 portant sur 3 771 patientes atteintes d’un cancer du sein a montré que des TILs élevés amélioraient la réponse à la chimiothérapie. Mais la plupart des études n’ont pas analysé les sous-types dans les tumeurs résiduelles.


Limites et Prochaines Étapes

Cette étude était petite (37 patientes) et observationnelle. Des essais plus larges doivent confirmer si les sous-types de TILs prédisent de manière fiable les résultats. D’autres questions subsistent :

  • Les TILs causent-ils une meilleure survie, ou sont-ils simplement un marqueur ?
  • Booster les cellules CD4+/CD8+ (par exemple, via l’immunothérapie) pourrait-il aider les patientes à haut risque ?

Les chercheurs testent des outils basés sur les TILs pour guider les soins post-chimiothérapie. Par exemple, l’essai DART utilise les niveaux de TILs pour décider si les patientes ont besoin d’une immunothérapie supplémentaire.


Ce Que Cela Signifie pour les Patient

Bien que ce ne soit pas encore un test standard, l’analyse des TILs offre de l’espoir pour des soins personnalisés. Si elle est validée, les patientes avec des profils de TILs à haut risque (par exemple, faible CD4+/CD8+) pourraient recevoir des thérapies ciblées plus tôt. Pour l’instant, les patientes atteintes de TNBC résiduel devraient discuter de toutes les options avec leur équipe soignante, y compris les essais cliniques.


À des fins éducatives uniquement.

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