Pourquoi certaines fractures de la hanche sont-elles si difficiles à réparer ?

Pourquoi certaines fractures de la hanche sont-elles si difficiles à réparer ? Un regard sur les fractures intertrochantériennes inversées

Les fractures de la hanche sont des blessures courantes et graves, en particulier chez les personnes âgées. Bien que beaucoup puissent être traitées par chirurgie, certaines fractures sont beaucoup plus difficiles à réparer que d’autres. L’un des types les plus complexes est la fracture intertrochantérienne inversée. Ces fractures sont instables, complexes et nécessitent souvent des techniques spéciales pour être réparées. Pourquoi sont-elles si difficiles à traiter, et que peuvent faire les médecins pour améliorer les résultats ? Examinons cela de plus près.

Qu’est-ce qui rend les fractures intertrochantériennes inversées différentes ?

La plupart des fractures de la hanche se produisent dans la partie supérieure du fémur, près de l’articulation de la hanche. Elles sont généralement causées par des chutes ou des accidents. Les fractures intertrochantériennes inversées sont un type spécifique de fracture de la hanche. Elles sont classées comme des fractures AO/OTA 31-A3. Cela signifie que la cassure principale s’étend de la partie inférieure externe du fémur à la partie supérieure interne. Contrairement aux autres fractures de la hanche, ces cassures sont très instables, ce qui les rend plus difficiles à réparer avec des méthodes standard.

Dans la plupart des cas, les médecins tentent de réparer les fractures de la hanche sans faire une grande incision. C’est ce qu’on appelle la réduction fermée. Ils utilisent des outils et des images pour guider les fragments osseux en place. Cependant, les fractures intertrochantériennes inversées résistent souvent à cette approche. Beaucoup d’entre elles sont irréductibles, ce qui signifie qu’elles ne peuvent pas être réparées sans chirurgie ouverte. Cela rend le traitement plus compliqué et plus long.

Pourquoi ces fractures sont-elles si complexes ?

Les fractures intertrochantériennes inversées sont instables en raison de leur forme et de leur emplacement uniques. Les fragments osseux se déplacent souvent selon des schémas spécifiques. Ces schémas rendent difficile l’alignement correct des os. De plus, les muscles autour de la hanche peuvent tirer les fragments osseux, ce qui augmente la difficulté de réparation.

Une étude récente a examiné 113 cas de fractures intertrochantériennes inversées. Parmi ceux-ci, 76 (67 %) étaient irréductibles. Les chercheurs ont identifié six schémas courants de déplacement osseux. Chaque schéma nécessite une approche différente pour être réparé. Comprendre ces schémas est essentiel pour un traitement réussi.

Quels sont les schémas de déplacement courants ?

  1. Déplacement médial et affaissement postérieur : C’est le schéma le plus courant. Le fémur se déplace vers l’intérieur et s’affaisse vers l’arrière. Les médecins utilisent un crochet osseux pour tirer l’os vers l’extérieur et un maillet pour le soulever.

  2. Affaissement postérieur : Dans ce schéma, l’os s’affaisse vers l’arrière mais reste aligné en vue de face. Une vis de Schanz (un type de broche métallique) est utilisée comme joystick pour soulever l’os en place.

  3. Mauvais alignement de la paroi latérale du fémur : La partie externe du fémur est déplacée, même si la partie interne est alignée. Les médecins utilisent des fils pour maintenir l’os en place avant de le fixer avec une tige métallique.

  4. Séparation de la paroi latérale du fémur : La partie externe du fémur est cassée de manière à rendre l’alignement difficile. Des pinces et des vis sont utilisées pour maintenir les fragments ensemble.

  5. Déplacement latéral et affaissement postérieur : Le fémur se déplace vers l’extérieur et s’affaisse vers l’arrière. Un élévateur périosté (un outil chirurgical) et un maillet sont utilisés pour pousser l’os en place.

  6. Déplacement médial de la diaphyse fémorale : Le fémur se déplace vers l’intérieur mais reste aligné en vue latérale. Un crochet osseux est utilisé pour le tirer vers l’extérieur.

Comment les médecins réparent-ils ces fractures ?

L’approche du traitement dépend du schéma de déplacement. Voici quelques techniques courantes :

  • Crochet osseux : Utilisé pour tirer l’os vers l’extérieur lorsqu’il est déplacé vers l’intérieur.
  • Maillet : Utilisé pour soulever l’os lorsqu’il s’affaisse vers l’arrière.
  • Vis de Schanz : Agit comme un joystick pour déplacer l’os en place.
  • Pince et vis : Utilisées pour maintenir les fragments ensemble.
  • Élévateur périosté : Utilisé pour pousser l’os en place lorsqu’il est déplacé vers l’extérieur.

Après la réparation de la fracture, les médecins vérifient l’alignement à l’aide d’imagerie. Dans l’étude, 70 % des cas ont obtenu un bon alignement, 20 % un alignement acceptable et 11 % un mauvais alignement. Un mauvais alignement augmente le risque de complications, comme la défaillance de l’implant métallique.

Qu’est-ce qui rend ces fractures difficiles à réparer ?

L’étude a identifié trois facteurs clés qui rendent les fractures intertrochantériennes inversées difficiles à réparer :

  1. Déplacement médial de la diaphyse fémorale : Lorsque le fémur se déplace vers l’intérieur, il est plus difficile à aligner. Ceci est souvent causé par la traction des muscles de la cuisse.

  2. Déplacement du petit trochanter : Le petit trochanter est une petite bosse sur le fémur. Lorsqu’il est cassé, les muscles perdent le contrôle de l’os, ce qui provoque un affaissement vers l’arrière.

  3. Déplacement de la paroi latérale du fémur : La partie externe du fémur est importante pour la stabilité. Lorsqu’elle est cassée, il est plus difficile de maintenir l’os en place.

Pourquoi est-ce important ?

Les fractures intertrochantériennes inversées représentent un défi majeur pour les chirurgiens. Elles nécessitent une planification minutieuse et des techniques spécialisées. Comprendre les schémas de déplacement et les prédicteurs d’irréductibilité aide les médecins à mieux préparer la chirurgie. Cela peut conduire à de meilleurs résultats pour les patients.

Cependant, même avec les meilleures techniques, certaines fractures restent difficiles à réparer. Un mauvais alignement augmente le risque de complications, comme la défaillance de l’implant métallique. Cela souligne la nécessité de poursuivre la recherche et l’innovation dans le traitement de ces fractures.

Conclusion

Les fractures intertrochantériennes inversées sont parmi les fractures de la hanche les plus difficiles à traiter. Leur forme unique et leur instabilité les rendent difficiles à réparer sans chirurgie ouverte. En comprenant les schémas de déplacement courants et les prédicteurs d’irréductibilité, les médecins peuvent améliorer leur approche face à ces blessures complexes. Bien que des progrès aient été réalisés, il reste encore beaucoup à apprendre sur la meilleure façon de traiter ces fractures.

À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000493

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