Les personnes vivant avec le VIH sans traitement antirétroviral ont-elles plus de risques de souffrir de formes graves de COVID-19 ?
La pandémie de COVID-19, causée par le virus SARS-CoV-2, a bouleversé le monde entier. En parallèle, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) continue d’être un défi majeur pour la santé mondiale. En 2022, environ 39 millions de personnes vivaient avec le VIH. Parmi elles, près de 9,2 millions ne suivaient pas de traitement antirétroviral (ART), ce qui pourrait les exposer à un risque accru de complications en cas d’infection par le SARS-CoV-2. Mais quelle est l’influence du traitement antirétroviral sur la gravité de la COVID-19 chez ces personnes ? Une étude récente apporte des réponses à cette question.
Une étude pour mieux comprendre les risques
Cette étude a été menée au Centre clinique de santé publique de Shanghai (SPHCC) en Chine. Elle a comparé la gravité de la COVID-19 chez des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) suivant un traitement antirétroviral et celles qui n’en suivaient pas. Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de 132 patients hospitalisés entre mars 2022 et juillet 2023. Ces patients étaient tous infectés à la fois par le VIH et le SARS-CoV-2.
Les résultats clés de l’étude
L’étude a révélé que les PVVIH sans traitement antirétroviral (ART-naïve) présentaient des symptômes plus graves de la COVID-19 que celles qui suivaient un traitement. Voici les principaux points à retenir :
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Système immunitaire affaibli : Les PVVIH ART-naïve avaient un nombre de cellules CD4+ (un type de globules blancs essentiels pour la défense immunitaire) beaucoup plus bas que celles sous traitement. Leur système immunitaire était donc moins capable de combattre le SARS-CoV-2.
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Symptômes plus intenses : Les personnes ART-naïve souffraient plus souvent de fièvre, de toux, d’essoufflement et de fatigue. Leur température maximale était également plus élevée.
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Imagerie pulmonaire alarmante : Plus de la moitié des PVVIH ART-naïve présentaient des signes de pneumonie à la radiographie, contre seulement un quart de celles sous traitement.
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Durée prolongée de l’infection : Le virus SARS-CoV-2 restait détectable plus longtemps chez les PVVIH ART-naïve. Leur période de contagiosité était en moyenne de 30 jours, contre 15 jours pour les personnes sous traitement.
Pourquoi ces différences ?
Les chercheurs ont identifié plusieurs raisons expliquant ces résultats. D’abord, l’absence de traitement antirétroviral entraîne une baisse importante des cellules CD4+, ce qui affaiblit la réponse immunitaire. Ensuite, les PVVIH sous traitement ont généralement une charge virale (quantité de virus dans le sang) bien contrôlée, ce qui réduit les risques de complications. Enfin, certains médicaments antirétroviraux pourraient avoir un effet protecteur contre le SARS-CoV-2 en inhibant sa réplication ou en modulant l’inflammation.
Les limites de l’étude
Cette étude, bien qu’importante, a quelques limites. Elle s’est concentrée uniquement sur des patients hospitalisés, ce qui ne permet pas de généraliser les résultats à toutes les PVVIH. De plus, certains facteurs, comme la présence d’infections opportunistes (infections qui profitent d’un système immunitaire affaibli), n’ont pas été approfondis.
Ce qu’il faut retenir
Cette étude souligne l’importance de commencer un traitement antirétroviral dès que possible après un diagnostic de VIH. Non seulement cela améliore la santé globale des PVVIH, mais cela pourrait aussi réduire les risques de complications graves en cas d’infection par le SARS-CoV-2. Pour les personnes vivant avec le VIH, suivre un traitement antirétroviral est donc une mesure clé pour se protéger contre la COVID-19.
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doi.org/10.1097/CM9.0000000000002902