Les cellules souches mésenchymateuses : une nouvelle piste pour soulager l’asthme ?
L’asthme est une maladie respiratoire chronique qui touche des millions de personnes dans le monde. Caractérisée par une inflammation des voies respiratoires, une hyperréactivité bronchique et une production excessive de mucus, elle peut entraîner des difficultés respiratoires sévères. Malgré les traitements actuels, de nombreux patients continuent de souffrir d’épisodes aigus et d’effets secondaires indésirables. Et si les cellules souches mésenchymateuses (CSM) offraient une nouvelle solution pour rétablir l’équilibre immunitaire et réduire l’inflammation ?
Un déséquilibre immunitaire au cœur de l’asthme
L’asthme est souvent lié à un déséquilibre entre deux types de cellules immunitaires : les cellules Th17 et les cellules Treg. Les cellules Th17 favorisent l’inflammation en produisant une molécule appelée IL-17A, qui attire les globules blancs comme les neutrophiles et les éosinophiles dans les poumons. En revanche, les cellules Treg ont un rôle anti-inflammatoire en produisant des molécules comme l’IL-10 et le TGF-β1, qui calment le système immunitaire. Dans l’asthme, les cellules Th17 sont souvent trop actives, tandis que les cellules Treg ne fonctionnent pas suffisamment, ce qui aggrave l’inflammation.
Les cellules souches mésenchymateuses, capables de moduler le système immunitaire, pourraient aider à rétablir cet équilibre. Une étude récente a exploré leur potentiel dans un modèle d’asthme chez la souris.
L’expérience : des souris, des allergènes et des cellules souches
Pour étudier l’effet des CSM, des chercheurs ont utilisé un modèle d’asthme chez la souris. Les animaux ont été divisés en trois groupes : un groupe témoin (sans asthme), un groupe asthmatique (exposé à l’ovalbumine, une protéine allergène), et un groupe asthmatique traité avec des CSM. Les CSM ont été injectées par voie intraveineuse après l’exposition à l’allergène.
Les chercheurs ont ensuite mesuré plusieurs paramètres : la réactivité des voies respiratoires, l’inflammation pulmonaire, les niveaux de certaines molécules inflammatoires et la proportion de cellules Th17 et Treg.
Des résultats prometteurs
Réduction de l’hyperréactivité bronchique
Les souris asthmatiques traitées avec des CSM ont montré une réduction significative de l’hyperréactivité bronchique. Cette amélioration a été mesurée en exposant les animaux à des concentrations croissantes de méthacholine, une substance qui provoque une constriction des voies respiratoires. Les souris traitées ont réagi moins fortement, ce qui suggère que les CSM ont un effet protecteur sur les bronches.
Diminution de l’inflammation pulmonaire
L’analyse du liquide de lavage bronchoalvéolaire (un échantillon prélevé dans les poumons) a révélé une diminution marquée des cellules inflammatoires chez les souris traitées. Les éosinophiles, les neutrophiles, les macrophages et les lymphocytes étaient moins nombreux, ce qui indique une réduction globale de l’inflammation.
L’examen des tissus pulmonaires a confirmé ces résultats. Les souris traitées avaient moins d’infiltrats inflammatoires autour des bronches et une production de mucus réduite.
Modulation des molécules inflammatoires
Les CSM ont également modifié le profil des molécules inflammatoires dans les poumons. Les niveaux d’IL-17A et d’IL-6, deux molécules pro-inflammatoires, ont diminué, tandis que ceux d’IL-10 et de TGF-β1, deux molécules anti-inflammatoires, ont augmenté. Ce changement suggère que les CSM favorisent un environnement moins inflammatoire.
Rétablissement de l’équilibre Th17/Treg
L’analyse des cellules immunitaires a montré que les CSM ont rétabli l’équilibre entre les cellules Th17 et Treg. Chez les souris asthmatiques, le nombre de cellules Th17 était élevé, tandis que celui des cellules Treg était réduit. Après traitement avec des CSM, les cellules Th17 ont diminué, et les cellules Treg ont augmenté, rétablissant ainsi un équilibre immunitaire plus sain.
Comment les CSM agissent-elles ?
Les chercheurs pensent que les CSM agissent principalement par des mécanismes paracrines, c’est-à-dire en libérant des molécules qui influencent les cellules environnantes. En réduisant les niveaux d’IL-6, une molécule clé pour la différenciation des cellules Th17, les CSM limitent l’inflammation. Parallèlement, en augmentant les niveaux d’IL-10 et de TGF-β1, elles favorisent la différenciation des cellules Treg, qui calment le système immunitaire.
De plus, les CSM pourraient interagir avec les cellules dendritiques, des cellules immunitaires qui activent les lymphocytes T. En inhibant la maturation des cellules dendritiques, les CSM pourraient empêcher l’activation excessive des cellules Th17 et Th2, réduisant ainsi l’inflammation.
Une nouvelle voie thérapeutique ?
Cette étude suggère que les CSM pourraient être une option prometteuse pour traiter l’asthme, en particulier dans les cas où le déséquilibre Th17/Treg joue un rôle clé. En modulant l’équilibre immunitaire et en réduisant l’inflammation, elles pourraient offrir un soulagement aux patients qui ne répondent pas aux traitements actuels.
Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les doses optimales et évaluer la sécurité à long terme de cette approche. Les études sur l’homme seront cruciales pour confirmer ces résultats et ouvrir la voie à de nouvelles thérapies.
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doi.org/10.1097/CM9.0000000000001699