Le variant MT-TN m.5703G>A est-il vraiment à l’origine du syndrome de MERRF plus ?
Et si une variante génétique supposée causer une maladie rare n’en était pas vraiment la cause ? C’est la question soulevée par des recherches récentes sur une mutation spécifique, connue sous le nom de variant MT-TN m.5703G>A, associée à une maladie appelée syndrome de MERRF plus (myoclonie épilepsie avec fibres rouges déchiquetées). Bien que ce variant ait été lié à la maladie, les scientifiques ne sont pas entièrement convaincus qu’il en soit la véritable cause. Explorons ce que nous savons—et ce qu’il reste à découvrir.
Qu’est-ce que le syndrome de MERRF plus ?
Le syndrome de MERRF plus est une maladie rare qui affecte le cerveau et les muscles. Les personnes atteintes de ce syndrome présentent souvent des contractions musculaires (myoclonies), des crises d’épilepsie et une faiblesse musculaire. Il est causé par des dysfonctionnements des mitochondries, les petites centrales énergétiques de nos cellules. Lorsque les mitochondries ne fonctionnent pas correctement, cela peut entraîner une variété de symptômes, notamment des problèmes cardiaques, des troubles de la vision et des anomalies cérébrales.
Le rôle du variant MT-TN m.5703G>A
Le variant MT-TN m.5703G>A est une petite modification dans un gène qui aide les mitochondries à fonctionner. Dans une étude récente, un homme de 35 ans atteint du syndrome de MERRF plus a été trouvé porteur de ce variant. Les chercheurs ont suggéré qu’il pourrait être la cause de ses symptômes. Cependant, les preuves ne sont pas suffisantes pour l’affirmer avec certitude.
Pour déterminer si une variante génétique est réellement nocive, les scientifiques utilisent un système de notation appelé le score de Yarham modifié. Ce système prend en compte des facteurs tels que la fréquence à laquelle le variant est trouvé chez les personnes atteintes de la maladie, s’il est transmis dans les familles, et s’il provoque des problèmes mesurables dans les mitochondries. Lorsqu’il est appliqué au variant m.5703G>A, le score suggère qu’il est seulement « probablement » nocif, et non définitivement. Des recherches supplémentaires, comme des études sur des cellules ou des tests mitochondriaux détaillés, sont nécessaires pour confirmer son rôle.
Le mystère de l’acide valproïque
Un élément déroutant de ce cas est l’utilisation d’un médicament appelé acide valproïque (VPA). Le VPA est souvent utilisé pour traiter les crises d’épilepsie, mais il peut également aggraver les contractions musculaires et endommager les mitochondries. Il n’est pas clair pourquoi ce patient a reçu du VPA et si cela a aidé ou causé plus de problèmes. Comprendre cela pourrait fournir des indices importants sur la manière de traiter efficacement le syndrome de MERRF plus.
Les problèmes cardiaques dans le syndrome de MERRF plus
Les problèmes cardiaques sont fréquents dans le syndrome de MERRF plus, touchant environ 18 % des patients. Un problème cardiaque spécifique est appelé rehaussement tardif au gadolinium (LGE). Ce phénomène est visible sur des scanners cardiaques spéciaux et montre des zones du muscle cardiaque qui ne fonctionnent pas correctement. Même si une échocardiographie standard semble normale, le LGE peut toujours être présent. Il est important de savoir si le patient de cette étude a subi ce type de scanner cardiaque et quels ont été les résultats.
Anomalies de la vision et du cerveau
Le patient de l’étude a également été décrit comme présentant des « anomalies de la voie visuelle ». C’est un terme vague qui peut signifier beaucoup de choses. Les problèmes de vision peuvent survenir à n’importe quel niveau, des yeux au cerveau. Dans le syndrome de MERRF plus, la rétine (la partie de l’œil qui détecte la lumière) est souvent affectée, entraînant des conditions comme la rétinite pigmentaire ou l’atrophie optique. Plus de détails sur l’examen oculaire du patient permettraient de clarifier ce point.
De plus, les personnes atteintes du syndrome de MERRF plus présentent souvent des modifications cérébrales, comme des lésions de la substance blanche ou des épisodes de type accident vasculaire cérébral. Savoir ce que les scanners cérébraux ont révélé dans ce cas aiderait à expliquer les problèmes de vision et d’autres symptômes.
Ce qu’il reste à découvrir
Bien que le variant MT-TN m.5703G>A ait été lié au syndrome de MERRF plus, il n’est pas encore clair s’il en est la véritable cause. D’autres études sont nécessaires pour confirmer son rôle. En attendant, il est important d’évaluer soigneusement l’impact des traitements comme le VPA sur les patients et de rechercher des complications courantes comme les problèmes cardiaques et de vision.
Comprendre les causes génétiques des maladies rares comme le syndrome de MERRF plus est un puzzle complexe. Chaque nouvelle information nous rapproche de la solution, mais il reste encore beaucoup de travail à faire. En continuant à étudier ces maladies, les chercheurs espèrent trouver de meilleures façons de les diagnostiquer et de les traiter à l’avenir.
À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000337