Le score COSSH-ACLFs : Un outil essentiel pour prédire la survie des patients atteints d’insuffisance hépatique aiguë sur chronique liée au virus de l’hépatite B

Le score COSSH-ACLFs : Un outil essentiel pour prédire la survie des patients atteints d’insuffisance hépatique aiguë sur chronique liée au virus de l’hépatite B

Pourquoi est-il crucial de mieux prédire l’évolution des patients atteints d’insuffisance hépatique grave ?
L’insuffisance hépatique aiguë sur chronique (ACLF) est une complication grave qui survient chez des patients déjà atteints d’une maladie chronique du foie. Elle se caractérise par une détérioration rapide de la fonction hépatique et est associée à un taux de mortalité élevé à court terme. En Chine, la majorité des cas d’ACLF sont liés au virus de l’hépatite B (HBV), représentant 87 à 91 % des cas. Malgré cela, les outils de prédiction actuels, comme le score de Child-Turcotte-Pugh (CTP) ou le score MELD, ont été développés principalement pour des populations occidentales et ne sont pas toujours adaptés aux spécificités de l’ACLF liée au HBV.

C’est dans ce contexte que le score COSSH-ACLFs (Chinese Group on the Study of Severe Hepatitis B-Acute-on-Chronic Liver Failure score) a été créé. Basé sur une grande étude chinoise, ce score vise à améliorer la prédiction de la mortalité à 28 et 90 jours chez les patients atteints d’ACLF liée au HBV. Mais en quoi ce score est-il différent, et pourquoi est-il si important ?

Comment le score COSSH-ACLFs a-t-il été évalué ?
Une étude rétrospective a été menée sur 751 patients atteints d’ACLF liée au HBV, admis à l’hôpital général de l’Armée populaire de libération de Chine entre 2011 et 2014. Les patients ont été diagnostiqués selon les critères de l’Association médicale chinoise, qui incluent :

  1. La présence de l’antigène de surface du HBV pendant au moins 6 mois.
  2. Un taux de bilirubine totale (TBil) supérieur à 10 fois la limite normale ou une augmentation quotidienne de plus de 17,1 µmol/L.
  3. Une activité de la prothrombine (PTA) inférieure ou égale à 40 % ou un INR (International Normalized Ratio) supérieur ou égal à 1,5.

Les patients présentant des maladies graves, des cancers, une grossesse ou des données incomplètes ont été exclus. Les chercheurs ont collecté des informations sur l’âge, le sexe, les résultats de laboratoire (comme la TBil, l’INR, la créatinine) et les complications (ascite, infection, encéphalopathie hépatique, insuffisance rénale aiguë).

Les patients ont été classés en trois stades d’ACLF :

  • Stade précoce : PTA entre 30 et 40 %, sans complications.
  • Stade intermédiaire : PTA entre 20 et 30 %, avec une complication.
  • Stade avancé : PTA inférieure ou égale à 20 %, avec deux complications.

Quels sont les résultats de l’étude ?
Parmi les 751 patients (83 % d’hommes, âge médian de 44 ans), 30,5 % avaient une ACLF de type A (sans cirrhose), 53 % de type B (cirrhose compensée) et 16,5 % de type C (cirrhose décompensée). Le taux médian de bilirubine était de 283,4 µmol/L, et le score COSSH-ACLFs médian était de 3,7. Les complications les plus fréquentes étaient l’ascite (87 %), les infections (34,7 %), l’insuffisance rénale aiguë (20,8 %) et l’encéphalopathie hépatique (17,2 %).

Le taux de mortalité était de 31,7 % à 28 jours et de 45,4 % à 90 jours. Le score COSSH-ACLFs a montré une forte corrélation avec la gravité de la maladie : plus le stade d’ACLF était avancé, plus le score était élevé (3,1 pour le stade précoce, 3,9 pour le stade intermédiaire et 5,2 pour le stade avancé).

Le score COSSH-ACLFs est-il un bon prédicteur de mortalité ?
L’analyse statistique a révélé que chaque augmentation d’un point du score COSSH-ACLFs augmentait le risque de mortalité à 28 jours de 37 % et à 90 jours de 43 %. Par exemple, les patients avec un score supérieur ou égal à 5 avaient un risque de mortalité 9,3 fois plus élevé à 28 jours que ceux avec un score inférieur à 3.

Les courbes de survie ont également montré des différences significatives selon les catégories de score. À 28 jours, le taux de survie était de 96 % pour les patients avec un score inférieur à 3, mais il chutait à 21 % pour ceux avec un score supérieur ou égal à 5.

Comment le score COSSH-ACLFs se compare-t-il aux autres outils de prédiction ?
Le score COSSH-ACLFs a surpassé tous les autres scores classiques (CTP, MELD, MELD-Na, CLIF-SOFA, CLIF-C OF) pour prédire la mortalité à 28 et 90 jours. Par exemple, l’aire sous la courbe ROC (AUROC) pour la mortalité à 28 jours était de 0,807 pour le COSSH-ACLFs, contre 0,722 pour le CTP et 0,742 pour le MELD.

Pourquoi ce score est-il si efficace ?
Le score COSSH-ACLFs a été conçu spécifiquement pour les patients chinois atteints d’ACLF liée au HBV. Il prend en compte des variables clés comme l’INR, la bilirubine et l’âge, qui reflètent mieux la physiopathologie de cette maladie. Contrairement aux scores occidentaux, qui se concentrent souvent sur les défaillances d’organes extrahépatiques, le COSSH-ACLFs est plus adapté aux complications hépatiques et de coagulation, plus fréquentes dans l’ACLF liée au HBV.

De plus, ce score reste précis même en présence de complications courantes comme les infections ou l’insuffisance rénale, ce qui en fait un outil fiable dans diverses situations cliniques.

Conclusion
Le score COSSH-ACLFs est un outil puissant pour prédire la mortalité à court terme chez les patients atteints d’ACLF liée au HBV. En offrant une meilleure stratification des risques, il aide les médecins à identifier les patients nécessitant une surveillance intensive ou une transplantation hépatique. Bien que cette étude soit prometteuse, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour valider ces résultats dans d’autres populations et contextes cliniques.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000000298
For educational purposes only.

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