Le psoriasis en plaques : combien de temps avant la rechute après l’arrêt des traitements biologiques ?
Le psoriasis en plaques est une maladie inflammatoire chronique qui touche des millions de personnes dans le monde. Malgré les progrès des traitements, aucune thérapie ne permet de guérir définitivement. Les médicaments biologiques (biologics) ont révolutionné la prise en charge de cette maladie, offrant une efficacité clinique supérieure et un profil de sécurité souvent meilleur que les traitements traditionnels. Cependant, l’arrêt du traitement pose un défi majeur : la rechute. Comprendre combien de temps il faut avant que la maladie ne réapparaisse est essentiel pour choisir le bon traitement.
Les inhibiteurs du TNF (facteur de nécrose tumorale)
L’étanercept
L’étanercept est l’un des premiers médicaments biologiques utilisés pour traiter le psoriasis. Dans une étude, 409 patients ont arrêté ce traitement après 24 semaines. Parmi eux, 347 ont rechuté dans les 24 semaines suivantes. Le temps médian avant la rechute était de 85 jours pour ceux qui avaient obtenu une réduction de 50 % de leur score PASI (indice de gravité du psoriasis) et de 91 jours pour ceux qui avaient atteint une réduction de 75 %. Une autre étude a montré que 62 % des patients ayant arrêté l’étanercept après une rémission stable (score PASI 0/1 pendant au moins un an) ont rechuté en moins de 6 mois.
L’infliximab
L’infliximab a été étudié dans une petite cohorte de 15 patients. Après l’arrêt du traitement, le temps médian avant la rechute (perte du PASI 50) était de 182 jours.
L’adalimumab
Dans une étude portant sur 285 patients, 178 ont rechuté après l’arrêt de l’adalimumab. Le temps médian avant la rechute était de 141 jours.
Les inhibiteurs de l’interleukine (IL)-12/IL-23
L’ustekinumab
L’ustekinumab a montré des résultats prometteurs en termes de durée avant la rechute. Dans l’étude ACCEPT, le temps médian avant la rechute était de 14,4 semaines pour la dose de 45 mg et de 18,1 semaines pour la dose de 90 mg, contre seulement 7,3 semaines pour l’étanercept. Une étude rétrospective sur 202 patients a révélé que la probabilité de rester sans rechute diminuait progressivement, avec seulement 1,6 % des patients restant sans rechute après 36 mois. Les facteurs associés à une rechute plus tardive incluent l’absence d’antécédents familiaux de psoriasis et une amélioration rapide du score PASI.
Les inhibiteurs de l’interleukine (IL)-17
Le secukinumab
Le secukinumab a été étudié chez 181 patients ayant arrêté le traitement après 52 semaines. Le temps médian avant la perte du PASI 50 était de 28 semaines.
L’ixekizumab
Dans deux essais cliniques, le temps médian avant la rechute était d’environ 20 semaines après l’arrêt de l’ixekizumab. Une autre étude a rapporté un temps médian de 143 jours avant la rechute.
Le brodalumab
Le brodalumab a montré des résultats plus rapides en termes de rechute. Dans une étude, tous les patients ont rechuté dans les 9 mois suivant l’arrêt du traitement, avec un temps médian de 46 jours.
Les inhibiteurs de l’interleukine (IL)-23
Le guselkumab
Le guselkumab a démontré une durée prolongée avant la rechute. Dans une étude, le temps médian avant la perte du PASI 90 était de 15,2 semaines. Une autre étude a montré que 32,4 % des patients n’avaient pas perdu leur réponse PASI 50 après 72 semaines.
Le tildrakizumab
Le tildrakizumab a été étudié chez des patients ayant arrêté le traitement après 28 semaines. Le temps médian avant la perte du PASI 50 était de 24 semaines.
Le risankizumab
Le risankizumab a montré une durée particulièrement longue avant la rechute. Le temps médian avant la rechute était de 295 jours.
Conclusion
Le temps avant la rechute après l’arrêt des traitements biologiques varie considérablement selon le type de médicament utilisé. Les inhibiteurs de l’IL-23, comme le guselkumab et le risankizumab, semblent offrir une durée plus longue avant la rechute comparés aux inhibiteurs du TNF. Les facteurs cliniques associés à une rechute plus tardive incluent l’absence d’arthrite, une durée plus courte de la maladie et une réponse rapide au traitement. Ces informations sont cruciales pour aider les médecins et les patients à choisir le traitement le plus adapté.
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doi.org/10.1097/CM9.0000000000001232