Le cancer de l’estomac : qui est vraiment à risque ?
Le cancer de l’estomac (ou cancer gastrique) reste un défi majeur en Chine, représentant près de la moitié des cas et des décès mondiaux. Bien que les taux de cette maladie aient diminué ces dernières années, elle reste la quatrième cause de cancer et la troisième cause de décès liés au cancer en Chine. La détection précoce est cruciale : si le cancer est découvert tôt, le taux de survie à 5 ans dépasse 90 %, contre seulement 35 % pour les stades avancés. Mais qui sont les personnes les plus à risque ? Une étude récente apporte des réponses claires.
Comment l’étude a-t-elle été menée ?
Cette étude a été réalisée dans le cadre du Programme national de dépistage du cancer en Chine urbaine, entre 2012 et 2019. Elle a inclus 215 personnes diagnostiquées avec un cancer de l’estomac et 645 personnes en bonne santé, appariées par âge et sexe. Les chercheurs ont utilisé un questionnaire pour recueillir des informations sur :
- Les caractéristiques personnelles : âge, sexe, poids, niveau d’éducation.
- Les habitudes alimentaires : consommation de fruits, légumes, aliments salés ou marinés.
- Le mode de vie : tabagisme, consommation d’alcool, activité physique.
- Les antécédents médicaux : maladies de l’estomac comme la gastrite chronique ou les ulcères.
- Les antécédents familiaux : présence de cancer de l’estomac chez les proches.
Les données ont été analysées pour identifier les facteurs qui augmentent ou réduisent le risque de cancer.
Les résultats clés
Le rôle de l’éducation et du poids
Les personnes ayant un niveau d’éducation supérieur au primaire ont un risque de cancer de l’estomac réduit de 63,8 %. De même, un poids élevé (surpoids ou obésité) diminue le risque de 51,1 %. Ces résultats suggèrent que l’éducation et une bonne santé générale jouent un rôle protecteur.
Tabagisme et alcool : des risques majeurs
Fumer triple le risque de cancer de l’estomac. Boire de l’alcool l’augmente de 66 %. Ces deux habitudes sont donc des facteurs de risque importants à éviter.
Les maladies de l’estomac : un signal d’alarme
Les personnes ayant des antécédents de maladies de l’estomac, comme la gastrite chronique, les ulcères ou les polypes, ont un risque presque 7 fois plus élevé de développer un cancer. Par exemple :
- La gastrite chronique multiplie le risque par 4.
- Les ulcères de l’estomac le doublent presque.
- Les polypes gastriques triplent le risque.
L’histoire familiale : un facteur à ne pas négliger
Avoir un parent proche (père, mère, frère, sœur) atteint de cancer de l’estomac quadruple le risque. Cela montre que la génétique ou des habitudes familiales partagées peuvent jouer un rôle.
L’alimentation : moins d’impact que prévu
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la consommation d’aliments salés, marinés ou très chauds n’a pas montré d’effet significatif sur le risque de cancer. De même, manger beaucoup de fruits et légumes n’a pas réduit le risque de manière notable.
Les sous-groupes à risque
L’analyse par âge et sexe montre que les antécédents de maladies de l’estomac augmentent le risque dans tous les groupes :
- Hommes de moins de 60 ans : risque multiplié par 5,7.
- Hommes de plus de 60 ans : risque multiplié par 11.
- Femmes de moins de 60 ans : risque multiplié par 8,6.
- Femmes de plus de 60 ans : risque multiplié par 5,4.
Pourquoi ces résultats sont-ils importants ?
Éducation et poids : des protections inattendues
L’éducation semble protéger contre le cancer, probablement parce qu’elle améliore les connaissances en santé et l’accès aux soins. Le surpoids, souvent considéré comme un facteur de risque pour d’autres maladies, pourrait ici jouer un rôle protecteur, bien que les raisons ne soient pas encore claires.
Tabac et alcool : des ennemis connus
Le tabac et l’alcool sont déjà connus pour augmenter le risque de nombreux cancers. Cette étude confirme leur rôle dans le cancer de l’estomac, renforçant l’importance de les éviter.
Les maladies de l’estomac : un signal à prendre au sérieux
Les personnes souffrant de gastrite chronique, d’ulcères ou de polypes doivent être surveillées de près. Ces conditions peuvent évoluer vers un cancer si elles ne sont pas traitées.
La famille : un indicateur précieux
Un antécédent familial de cancer de l’estomac doit inciter à une vigilance accrue. Cela peut être dû à des gènes partagés ou à des habitudes alimentaires similaires.
Les limites de l’étude
Cette étude a quelques limites. Par exemple, elle ne peut pas prouver de lien de cause à effet, seulement des associations. De plus, certaines informations, comme la présence de la bactérie Helicobacter pylori (une cause connue de cancer de l’estomac), n’ont pas été prises en compte.
Conclusion : comment réduire le risque ?
Cette étude identifie plusieurs groupes à risque : les fumeurs, les buveurs d’alcool, les personnes atteintes de maladies de l’estomac et celles ayant des antécédents familiaux. Pour réduire le risque, il est essentiel :
- D’arrêter de fumer et de limiter l’alcool.
- De surveiller et traiter les maladies de l’estomac.
- De se faire dépister si un proche a eu un cancer de l’estomac.
Ces mesures pourraient aider à réduire le nombre de cas de cancer de l’estomac en Chine et ailleurs.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000001652
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