Existe-t-il une meilleure façon de retirer les tumeurs cérébrales ? Exploration d’un nouvel outil chirurgical
Imaginez avoir une tumeur dans le cerveau. Elle n’est pas cancéreuse, mais elle grandit et cause des problèmes. Les médecins disent que la chirurgie est la meilleure option. Mais opérer le cerveau est un travail délicat. Chaque geste compte. Et s’il existait un meilleur outil pour aider les médecins à accomplir cette tâche ? Un outil plus facile à utiliser, plus précis et moins fatigant pour le chirurgien ? C’est là qu’intervient l’exoscope compact haute définition (HD) en deux dimensions (2D). Explorons comment ce nouvel appareil change la manière dont les médecins traitent un type courant de tumeur cérébrale appelé schwannome vestibulaire (SV).
Qu’est-ce qu’un schwannome vestibulaire ?
Le schwannome vestibulaire, également appelé neurinome de l’acoustique, est une tumeur non cancéreuse qui se développe sur le nerf reliant l’oreille au cerveau. Elle n’est pas rare : elle représente 8 % de toutes les tumeurs cérébrales et 85 % des tumeurs situées dans une zone spécifique du cerveau appelée l’angle ponto-cérébelleux. Ces tumeurs peuvent provoquer une perte auditive, des acouphènes, des problèmes d’équilibre et même une faiblesse faciale. Lorsque la tumeur est volumineuse ou provoque des symptômes, une intervention chirurgicale est souvent nécessaire pour la retirer.
L’objectif de la chirurgie est d’enlever autant de tumeur que possible tout en protégeant les nerfs qui contrôlent l’audition et les mouvements du visage. C’est une opération délicate car la tumeur est proche de ces nerfs importants. Pendant des années, les médecins ont utilisé un outil appelé microscope chirurgical pour visualiser et travailler sur ces structures minuscules. Mais cet outil présente des inconvénients. Il est encombrant, nécessite des ajustements constants et peut être inconfortable pour les chirurgiens lors de longues interventions.
Les problèmes des outils traditionnels
Le microscope chirurgical est l’outil de référence pour la chirurgie du cerveau depuis des décennies. Il offre un fort grossissement et une vision en trois dimensions (3D), essentiels pour un travail minutieux. Mais il n’est pas parfait. Un de ses défauts est sa faible profondeur de champ, ce qui signifie qu’une seule petite zone est nette à la fois. Cela oblige les chirurgiens à arrêter et à ajuster le microscope fréquemment pendant l’opération. Un autre problème est l’ergonomie. Les chirurgiens doivent souvent se pencher et se tordre pour regarder à travers le microscope, ce qui peut entraîner de l’inconfort et de la fatigue.
Ces défis ont poussé les chercheurs à chercher de meilleurs outils. C’est ainsi qu’est apparu l’exoscope compact HD en 2D. Cet appareil est plus petit, plus léger et offre une distance focale plus longue, ce qui permet de garder une plus grande zone nette sans ajustements constants. Il projette également une image haute définition sur un écran vidéo, permettant au chirurgien de travailler dans une position plus naturelle. Mais fonctionne-t-il aussi bien que le microscope traditionnel ? Une étude récente a cherché à répondre à cette question.
Comment l’étude a été menée
L’étude s’est déroulée à l’hôpital général de l’Université médicale de Tianjin en Chine entre janvier 2013 et juin 2018. Elle a inclus 81 patients atteints de grands schwannomes vestibulaires. Ces patients ont été répartis au hasard en deux groupes. Un groupe a été opéré avec le microscope chirurgical traditionnel, tandis que l’autre groupe a été opéré avec l’exoscope en 2D.
Le système d’exoscope utilisé dans l’étude s’appelait ViTOM, fabriqué par Karl Storz GmbH. Il comprenait un petit télescope, une caméra full-HD et deux moniteurs vidéo de 26 pouces. Les moniteurs offraient au chirurgien principal et à l’assistant une vue claire de la zone opératoire. Les microscopes chirurgicaux utilisés étaient le Leica M525 OH4 et le Carl Zeiss OPMI PENTERO 900, deux outils bien connus et fiables dans le domaine.
Les chercheurs ont examiné plusieurs facteurs pour comparer les deux outils. Parmi eux figuraient la durée de la chirurgie, la quantité de sang perdu, la quantité de tumeur retirée et le nombre de fois où le chirurgien devait ajuster l’outil pendant l’opération. Ils ont également évalué la fonction faciale et auditive des patients avant et après la chirurgie et ont demandé aux chirurgiens leur niveau de confort avec chaque outil.
Les résultats de l’étude
Les résultats étaient prometteurs. Les deux outils étaient tout aussi efficaces pour retirer la tumeur et préserver la fonction nerveuse. Mais l’exoscope présentait des avantages clairs. Les patients opérés avec l’exoscope ont perdu moins de sang—en moyenne 190,8 millilitres contre 230,0 millilitres dans le groupe microscope. L’exoscope a également nécessité moins d’ajustements pendant la chirurgie. Les chirurgiens utilisant l’exoscope ont effectué en moyenne 3,4 ajustements, contre 10,3 pour ceux utilisant le microscope.
La différence la plus significative concernait le confort des chirurgiens. Avec l’exoscope, 71,8 % des chirurgiens principaux et 94,9 % des chirurgiens assistants ont déclaré se sentir à l’aise. En revanche, seulement 35,7 % des chirurgiens principaux et 54,8 % des assistants se sentaient à l’aise avec le microscope. C’est un point important, car un chirurgien à l’aise est moins susceptible de faire des erreurs et plus enclin à donner le meilleur de lui-même.
Pourquoi est-ce important ?
Les résultats suggèrent que l’exoscope en 2D est une alternative sûre et efficace au microscope chirurgical traditionnel pour retirer les grands schwannomes vestibulaires. Il offre plusieurs avantages, notamment une perte de sang réduite, moins d’interruptions pendant la chirurgie et un meilleur confort pour les chirurgiens. Ces avantages pourraient conduire à des chirurgies plus courtes, moins de complications et de meilleurs résultats pour les patients.
La conception de l’exoscope facilite également la visualisation pour toute l’équipe chirurgicale. Avec le microscope, seul le chirurgien qui regarde à travers l’objectif a une vue claire. Mais avec l’exoscope, tout le monde dans la salle peut voir la même image haute définition sur les moniteurs vidéo. Cette vision partagée peut améliorer le travail d’équipe et faciliter l’apprentissage et l’assistance pour les chirurgiens moins expérimentés.
Et après ?
Bien que cette étude soit encourageante, ce n’est qu’un début. La recherche a été menée dans un seul hôpital, donc les résultats pourraient ne pas s’appliquer partout. De plus, l’étude ne portait que sur l’exoscope en 2D. Il existe également un exoscope en 3D, qui pourrait offrir une meilleure perception de la profondeur. Des études futures pourraient explorer les performances de l’exoscope dans d’autres types de chirurgie cérébrale et comparer les versions 2D et 3D.
En conclusion
La chirurgie pour le schwannome vestibulaire est complexe et exigeante. L’exoscope compact HD en 2D offre une nouvelle manière de rendre cette chirurgie plus sûre, plus rapide et plus confortable pour les patients et les chirurgiens. Bien que ce ne soit pas une solution miracle, c’est un outil prometteur qui pourrait améliorer la façon dont nous traitons cette tumeur cérébrale courante. À mesure que la technologie progresse, des outils comme l’exoscope pourraient rendre la chirurgie cérébrale moins intimidante et plus réussie pour tous les acteurs concernés.
À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000818