Comment Shanghai a-t-elle réussi à contrôler la propagation du COVID-19 ?
À la fin de 2019, un nouveau virus, appelé le coronavirus 2019 (COVID-19), est apparu à Wuhan, en Chine. Ce virus a rapidement provoqué une épidémie mondiale. Pourtant, Shanghai, une métropole économique chinoise, a réussi à limiter les dégâts. Comment cette ville a-t-elle fait face à cette crise sanitaire sans précédent ? Cet article explore les stratégies clés qui ont permis à Shanghai de contrôler la propagation du COVID-19.
La mise en place de cliniques spécialisées et de services de téléconsultation
Une des premières mesures prises par Shanghai a été la création de cliniques spécialisées pour les patients présentant de la fièvre. Ces cliniques ont permis de trier les cas suspects et d’éviter l’engorgement des hôpitaux. Cependant, distinguer le COVID-19 d’autres infections respiratoires comme la grippe était difficile, surtout en l’absence d’antécédents d’exposition au virus.
Pour résoudre ce problème, Shanghai a utilisé une plateforme de téléconsultation. Les patients pouvaient consulter un médecin en ligne et recevoir des conseils sur la conduite à tenir. Cela a permis de réduire la pression sur les cliniques et les services d’urgence, tout en assurant une allocation équitable des ressources médicales. Résultat : le temps moyen entre l’apparition des symptômes et l’admission à l’hôpital a été réduit à 5,5 jours, contre 12,5 jours à Wuhan.
Le diagnostic rapide et l’identification du virus
Pour diagnostiquer rapidement le COVID-19, Shanghai a utilisé des tests RT-PCR (une technique de détection génétique) dans les hôpitaux désignés. Les cliniques spécialisées ont également mis en place un protocole de diagnostic complet, incluant des analyses sanguines et des scanners thoraciques. Si les résultats initiaux étaient négatifs, les tests étaient répétés dans les 48 à 72 heures suivantes pour confirmer ou infirmer le diagnostic.
Des modèles pour prédire la gravité de la maladie
Les médecins ont utilisé des modèles de prédiction pour évaluer la gravité de la maladie. L’un de ces modèles, appelé MuLBSTA, a été développé à partir des données cliniques de patients atteints de pneumonie virale. Ce modèle a permis de mieux anticiper l’évolution de la maladie chez les patients atteints de COVID-19.
La prise en charge clinique et les traitements
Le centre de santé publique de Shanghai a été désigné pour accueillir tous les patients atteints de COVID-19. Les patients étaient admis dans des services généraux ou en soins intensifs, selon la gravité de leur état. En mars 2020, le taux de guérison à Shanghai avait atteint 80 %.
Les médecins ont mis l’accent sur des thérapies personnalisées. Les patients à haut risque étaient étroitement surveillés, avec des interventions précoces pour prévenir l’aggravation de la maladie. Les traitements incluaient des antiviraux, une oxygénothérapie efficace et des soins de soutien renforcés. Les patients à faible risque étaient admis dans des services généraux avec une surveillance minimale mais essentielle.
La prévention des infections nosocomiales
La prévention des infections dans les hôpitaux a été une priorité. Les autorités sanitaires ont mis en place des mesures de gestion intégrée pour le personnel médical et les patients. Des programmes de formation ont été organisés pour améliorer les connaissances sur le COVID-19 et les compétences en matière de protection, en particulier pour le personnel des services à haut risque.
Pour les patients, le gouvernement de Shanghai a introduit un système de QR code (un code-barres numérique) pour suivre en temps réel l’état de santé de chaque citoyen. Les questionnaires traditionnels ont été remplacés par des versions électroniques, plus précises. Les visites familiales ont été strictement limitées pour réduire le risque de propagation du virus.
Les mesures sociétales et l’implication des communautés
À partir du 4 février 2020, une baisse des cas de COVID-19 a été observée à Shanghai. Entre le 19 février et le 11 mars, seulement 11 nouveaux cas ont été signalés, et aucun nouveau cas n’a été enregistré après le 7 mars. Ce succès est dû aux mesures de prévention et de contrôle mises en place dans toute la société.
Le gouvernement de Shanghai a annulé tous les rassemblements et événements, limité les heures d’ouverture des commerces et réduit le flux de passagers dans les transports publics. Des campagnes de sensibilisation ont été lancées pour encourager le port du masque et l’hygiène des mains. Les aéroports, gares et entrées de la ville ont été étroitement surveillés. Les personnes suspectées d’être infectées ont été isolées pour observation.
Les communautés ont joué un rôle crucial en contrôlant l’accès des résidents, en effectuant des vérifications porte-à-porte et en aidant les personnes en quarantaine à domicile. Les infections asymptomatiques ont été identifiées comme une source importante de transmission, et des tests ont été réalisés pour détecter le virus chez les personnes à risque, même en l’absence de symptômes.
Conclusion
Les stratégies mises en œuvre à Shanghai pour contrôler et gérer le COVID-19 ont été très efficaces. De la création de cliniques spécialisées à l’utilisation de modèles de prédiction, en passant par des traitements personnalisés et des mesures sociétales strictes, Shanghai a réussi à limiter la propagation du virus. Ces expériences offrent des leçons précieuses pour d’autres régions confrontées à cette pandémie.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000904
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