Comment préserver la fonction hépatique dans le traitement du cancer du foie ?
Le cancer du foie est un problème de santé majeur en Chine. Il se classe au quatrième rang des cancers les plus fréquents et au deuxième rang des cancers les plus mortels. Parmi les cancers du foie, le carcinome hépatocellulaire (CHC) représente 75 à 85 % des cas. Malheureusement, le taux de survie à 5 ans est faible, entre 12 et 13 % pour les patients diagnostiqués entre 2012 et 2015. Un grand nombre de patients atteints de CHC ne peuvent pas bénéficier d’une chirurgie au moment du diagnostic. Pour ces cas, une thérapie de conversion est souvent utilisée pour réduire la taille de la tumeur et permettre une intervention chirurgicale ultérieure.
Qu’est-ce que la thérapie de conversion ?
La thérapie de conversion combine des traitements systémiques (comme les médicaments anti-angiogéniques et les inhibiteurs des points de contrôle immunitaires) avec des traitements locaux (comme la chimioembolisation artérielle transcatheter [TACE], la perfusion intra-artérielle hépatique [HAIC], l’ablation ou la radiothérapie). Après cette thérapie, une chirurgie peut être envisagée, avec des taux de survie à 5 ans allant de 24,9 à 57 %. Cependant, une fonction hépatique faible ou des dommages au foie causés par le traitement peuvent limiter l’efficacité de la thérapie ou entraîner des complications graves.
Comment évaluer la fonction hépatique avant le traitement ?
Avant de commencer la thérapie de conversion, une évaluation approfondie de la fonction hépatique est essentielle.
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Gestion des causes sous-jacentes :
- Pour les patients atteints d’hépatite virale, un traitement antiviral est nécessaire.
- Pour ceux souffrant de maladie alcoolique du foie, l’abstinence totale d’alcool est cruciale.
- Pour les patients atteints de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), une gestion du poids et du diabète est recommandée.
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Évaluation de l’état général et nutritionnel :
- Les patients hospitalisés doivent être dépistés pour les risques nutritionnels. Si nécessaire, une évaluation plus détaillée est réalisée pour adapter les interventions nutritionnelles.
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Évaluation de la cirrhose et de l’hypertension portale :
- La chirurgie est possible pour les patients atteints de cirrhose compensée sans hypertension portale sévère. Dans les cas non opérables, des traitements comme la TACE ou la radiothérapie peuvent être envisagés.
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Tests de laboratoire :
- Les tests incluent les enzymes hépatiques (ALT, AST), la bilirubine totale (TBIL), l’albumine (ALB), et les paramètres sanguins comme les plaquettes et les globules blancs.
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Évaluation de la réserve hépatique :
- Le test de rétention d’indocyanine verte (ICG-R15) est utilisé pour mesurer la fonction hépatique. Un score ICG-R15 inférieur à 20 % est requis pour la chirurgie.
- Le score de Child-Pugh doit être de classe A pour une résection.
- Le volume de foie restant doit être suffisant pour éviter l’insuffisance hépatique postopératoire.
Comment gérer la fonction hépatique pendant le traitement ?
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Traitements interventionnels (TACE/HAIC) :
- La fonction hépatique doit être surveillée en continu. Si les enzymes hépatiques augmentent, des agents protecteurs du foie peuvent être utilisés.
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Radiothérapie :
- Avant la radiothérapie, le score de Child-Pugh doit être inférieur à 7.
- La fonction hépatique doit être surveillée pendant trois mois après le traitement pour détecter les dommages causés par les radiations.
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Traitements systémiques :
- Pour les inhibiteurs des points de contrôle immunitaires, la fonction hépatique est évaluée toutes les trois semaines.
- Pour les thérapies ciblées, l’évaluation est réalisée tous les trois mois.
- Le traitement est arrêté si le score de Child-Pugh dépasse 7.
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Stratégies pour un volume de foie restant insuffisant :
- Une technique appelée ALPPS (Associating Liver Partition and Portal vein Ligation for Staged hepatectomy) peut être utilisée pour augmenter le volume de foie restant avant la chirurgie.
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Surveillance générale et protection du foie :
- La fonction hépatique et rénale doit être surveillée régulièrement.
- Des agents cholérétiques peuvent être utilisés en cas de cholestase (augmentation de la bilirubine ou des enzymes hépatiques).
Comment gérer la fonction hépatique après la chirurgie ?
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Surveillance postopératoire :
- Les enzymes hépatiques, l’albumine et les plaquettes doivent être suivis de près.
- Des modèles pronostiques comme le MELD (Model for End-Stage Liver Disease) peuvent aider à détecter une insuffisance hépatique précoce.
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Support nutritionnel et récupération :
- Une évaluation nutritionnelle continue est nécessaire après la chirurgie. Des interventions diététiques et des agents protecteurs du foie peuvent accélérer la récupération.
La réhabilitation par l’exercice physique
L’exercice aérobique est recommandé pour améliorer la récupération physique et le bien-être psychologique. L’intensité doit être adaptée à la capacité du patient.
Conclusion
La préservation de la fonction hépatique est essentielle dans le traitement du cancer du foie. Une évaluation rigoureuse avant le traitement, une gestion des causes sous-jacentes et une surveillance attentive pendant et après le traitement sont cruciales. L’utilisation d’agents protecteurs du foie, de support nutritionnel et de réhabilitation physique peut optimiser les résultats.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000002950
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