Comment mieux traiter les métastases hépatiques chez les patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire ?
Le cancer de l’ovaire est un problème de santé grave, surtout lorsqu’il se propage au foie. Cette condition, connue sous le nom de métastases hépatiques (MH), représente un défi majeur pour les médecins et les patientes. En Chine, environ 50 000 nouveaux cas de cancer de l’ovaire sont diagnostiqués chaque année, et près de 40 % de ces patientes ne survivent pas. Le foie est l’un des sites les plus fréquents de propagation du cancer de l’ovaire, ce qui rend son traitement crucial. Mais quelles sont les meilleures approches pour traiter les métastases hépatiques chez les patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire ? Cet article explore les options et ce que nous apprennent les recherches récentes.
Que sont les métastases hépatiques ?
Les métastases hépatiques surviennent lorsque des cellules cancéreuses de la tumeur initiale dans l’ovaire migrent vers le foie et forment de nouvelles tumeurs. Il ne s’agit pas de tumeurs primaires du foie, mais plutôt de tumeurs secondaires qui se sont propagées à partir d’un autre organe. Les métastases hépatiques sont beaucoup plus fréquentes que les cancers primaires du foie, ce qui en fait une préoccupation majeure dans le traitement du cancer.
Options de traitement des métastases hépatiques
Pour traiter les métastases hépatiques chez les patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire, deux approches principales existent : chirurgicale et non chirurgicale. Les traitements non chirurgicaux incluent la chimiothérapie, l’ablation par radiofréquence (ARF) et la chimioembolisation transartérielle (TACE). Les options chirurgicales consistent à retirer les tumeurs par chirurgie, ce qui peut parfois offrir les meilleures chances de survie à long terme.
Que disent les recherches ?
Une étude récente a examiné 43 patientes atteintes d’un cancer épithélial de l’ovaire (CEO) présentant des métastases hépatiques. L’étude a été menée à l’hôpital populaire de l’Université de Pékin entre janvier 2013 et juillet 2018. L’objectif était de comprendre l’efficacité des différents traitements et leur impact sur la survie.
Les patientes ont été divisées en deux groupes en fonction du nombre de métastases hépatiques : celles avec cinq ou moins (oligométastases) et celles avec plus de cinq (non-oligométastases). L’étude a également examiné si les métastases hépatiques étaient découvertes en même temps que le cancer de l’ovaire (simultanées) ou après le diagnostic initial (métachrones).
Principales conclusions
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La résection chirurgicale offre les meilleurs résultats : Les patientes ayant subi une chirurgie pour retirer les tumeurs hépatiques ont eu les temps de survie les plus longs. La survie globale médiane (SG) pour ces patientes était de 28,6 mois, contre 19,3 mois pour celles ayant reçu une ARF et 9,5 mois pour celles ayant subi une TACE.
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Le nombre et la taille des tumeurs comptent : Les patientes avec cinq métastases hépatiques ou moins avaient de meilleurs taux de survie que celles avec plus de cinq. De plus, les patientes avec des tumeurs de moins de 3 cm avaient de meilleurs résultats que celles avec des tumeurs plus grosses.
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La cytoréduction optimale est cruciale : La cytoréduction optimale consiste à retirer chirurgicalement autant de tumeur que possible. Les patientes ayant atteint une cytoréduction optimale avaient une SG médiane de 25,5 mois, contre 13,4 mois pour celles qui ne l’avaient pas atteinte.
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Les traitements non chirurgicaux ont leur place : Pour les patientes ne pouvant pas subir de chirurgie, les traitements non chirurgicaux comme l’ARF et la TACE peuvent encore être efficaces. Ces traitements peuvent aider à contrôler la maladie et à améliorer la qualité de vie, même s’ils n’offrent pas les mêmes avantages en termes de survie que la chirurgie.
Qu’en est-il des mutations BRCA ?
Les mutations BRCA sont des modifications génétiques qui peuvent augmenter le risque de cancer de l’ovaire. Dans cette étude, cinq patientes ont été testées pour les mutations BRCA. Deux de ces patientes présentaient la mutation et ont subi une chirurgie, avec des temps de SG de 29,4 et 23,4 mois. Cependant, le faible nombre de cas signifie que davantage de recherches sont nécessaires pour comprendre l’impact complet des mutations BRCA sur les résultats du traitement.
Un plan de traitement proposé
Sur la base des conclusions de l’étude, les chercheurs ont proposé un plan de traitement pour les patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire avec métastases hépatiques :
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Groupe résécable : Les patientes dont les tumeurs peuvent être complètement retirées par chirurgie devraient subir une résection R0, qui vise à éliminer tout le cancer visible.
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Groupe potentiellement résécable : Pour les patientes dont les tumeurs ne peuvent pas être retirées initialement, des traitements de conversion comme la chimiothérapie, l’ARF ou la TACE peuvent être utilisés pour réduire les tumeurs, les rendant éligibles à une chirurgie ultérieure.
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Groupe non résécable : Pour les patientes dont les tumeurs ne peuvent pas être retirées, l’objectif est de contrôler la maladie et d’améliorer la qualité de vie grâce à des traitements non chirurgicaux.
Limites de l’étude
Bien que l’étude fournisse des informations précieuses, elle présente certaines limites. Tout d’abord, il s’agissait d’une étude rétrospective, ce qui signifie qu’elle a examiné des cas passés plutôt que de suivre les patientes en temps réel. Cela peut introduire des biais. Ensuite, seules quelques patientes ont été testées pour les mutations BRCA, qui sont un facteur important dans le cancer de l’ovaire. Enfin, le nombre de patientes ayant reçu une TACE était trop faible pour tirer des conclusions fermes sur son efficacité.
Conclusion
Traiter les métastases hépatiques chez les patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire est complexe, mais la chirurgie offre les meilleures chances de survie à long terme. Les traitements non chirurgicaux comme l’ARF et la TACE peuvent également être efficaces, surtout pour les patientes ne pouvant pas subir de chirurgie. Davantage de recherches sont nécessaires pour comprendre pleinement les meilleures approches de traitement, en particulier pour les patientes présentant des mutations BRCA ou celles recevant une TACE.
À des fins éducatives uniquement.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000001332